Santé

Marine Tondelier place la santé reproductive au cœur de sa campagne malgré sa maternité imminente

Enceinte de huit mois et demi, la cheffe des Écologistes a présenté un livret consacré à la santé reproductive et promet de poursuivre sa campagne, tout en mettant en avant des mesures sur la PMA, la ménopause et l’accompagnement du post-partum.

Marine Tondelier place la santé reproductive au cœur de sa campagne malgré sa maternité imminente
©Illustration IA Noémie Wéry / we-news.com

Enceinte de huit mois et demi, la candidate écologiste à la présidentielle Marine Tondelier a annoncé mercredi qu’elle entendait maintenir son engagement politique tout en donnant priorité à sa maternité imminente. Lors d’une intervention sur France 2, elle a présenté un livret consacré à la santé reproductive, qu’elle souhaite placer au centre du débat de la campagne.

Une priorité personnelle devenue enjeu public

Tondelier a précisé qu’elle «donnera évidemment la priorité à son bébé», mais qu’elle «ne compte pas arrêter pendant quatre mois» sa campagne. Elle a ajouté qu’elle reprendrait ses activités “en pleine forme, plus déterminée que jamais”, et que pendant son absence une équipe continuerait le travail commencé.

«Tant que le bébé n’est pas là, tant que vous n’avez pas accouché, tant que vous n’avez pas pris connaissance de ce bébé, de voir comment il va physiquement, psychiquement, c’est difficile de se projeter.»

Le dossier de la candidate prend sa source, explique-t-elle, dans un parcours personnel difficile : fausse couche, tentatives de procréation médicalement assistée (PMA) et fécondation in vitro (FIV) infructueuses. Elle évoque également avoir eu recours en Belgique à un «diagnostic préimplantatoire des aneuploïdies» (DPI-A), une technique qui reste interdite en France à ce stade.

Les grands axes du livret

Le document présenté vise à faire émerger plusieurs thèmes rarement portés au premier plan des campagnes nationales. Parmi les priorités mises en avant figurent :

  • mettre fin à l’errance diagnostique en cas d’infertilité ;
  • faire de la ménopause un véritable enjeu de santé publique, tenant compte de ses répercussions sur la qualité de vie et l’emploi ;
  • améliorer l’accompagnement du post-partum et créer un service public d’accompagnement ;
  • aborder des questions souvent invisibilisées : puberté précoce, fausses couches, endométriose et autres maladies gynécologiques.

La candidate défend également l’accès au DPI-A sur l’embryon, procédure qu’elle a personnellement utilisée en Belgique, et plaide pour un meilleur soutien des femmes après l’accouchement, «auquel on prépare très peu», selon ses mots.

Principales propositions du livret
Thème Objectif
Infertilité Réduire l’errance diagnostique
Ménopause Reconnaître comme enjeu de santé publique
Post-partum Mettre en place un service public d’accompagnement
DPI-A Permettre l’accès (actuellement interdit en France ; recours à la Belgique mentionné)

Un enjeu politique majeur et des décisions à venir

Sur le plan politique, Tondelier n’exclut pas de revoir sa candidature selon l’évolution du contexte de la gauche : les Écologistes doivent encore décider s’ils maintiendront une candidature autonome, se rallieront à Jean‑Luc Mélenchon ou à une option sociale‑démocrate. Elle affirme cependant n’avoir «pas dit son dernier mot» quant à sa volonté d’unir la gauche.

Pour la cheffe des Écologistes, la santé reproductive est un «grand oublié de la politique». Son livret entend relancer le débat public sur des sujets médicaux et sociaux qui touchent directement la vie quotidienne de nombreuses femmes et familles : accès aux techniques de procréation, prise en charge des pathologies gynécologiques, mais aussi accompagnement des nouvelles mères et reconnaissance des impacts de la ménopause sur le monde du travail.

Sur le fond médical et réglementaire, ces propositions renvoient à des questions de compétence partagée entre l’État, les institutions sanitaires et les professionnels de santé, ainsi qu’à des débats éthiques déjà vifs en France et ailleurs en Europe. En Belgique, comme en France, l’accès aux techniques de reproduction assistée et les règles encadrant le diagnostic des embryons sont des sujets sensibles, qui mêlent santé publique, droit et éthique.

La campagne de Marine Tondelier promet donc d’inscrire la santé reproductive au cœur du débat politique national, tout en conjuguant dimension personnelle et volonté d’action publique. Les propositions du livret seront désormais soumises à examen politique et scientifique au fil des semaines à venir.

Noémie Wéry
Noémie IA Cheffe du desk Santé en ligne

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