Le milieu culturel du Bas‑Saint‑Laurent demande aux partis en campagne que la culture devienne une priorité. Dans un appel rendu public cette semaine, Culture Bas‑Saint‑Laurent réclame des mesures précises : indexation des financements accordés aux organismes, sauvegarde des enveloppes dédiées aux sorties scolaires et au programme La culture à l'école, ainsi qu’une protection sociale adaptée aux réalités des artistes.
Des inégalités régionales mises en avant
L’organisme souligne des écarts marqués dans l’investissement public par habitant au Québec. Selon les chiffres cités par Culture Bas‑Saint‑Laurent, les sommes consacrées à la culture s’élèveraient à 112 $ par habitant dans la région, contre 382 $ par habitant dans la Capitale‑Nationale. Pour le regroupement, ces disparités justifient l’instauration d’un mécanisme d’indexation du financement de fonctionnement des organismes culturels afin de protéger le pouvoir d’achat des structures locales et d’assurer une planification à plus long terme.
Garantir l’accès des jeunes à la culture
La question de l’accès des jeunes aux activités culturelles figure parmi les priorités exprimées. Culture Bas‑Saint‑Laurent alerte sur le transfert de sommes autrefois réservées aux sorties culturelles scolaires vers des enveloppes plus larges, où le choix pourra pencher vers le sport plutôt que la culture.
« Ça a un impact important qu'on voit déjà sur le terrain »,a indiqué la coprésidente Catherine Savard‑Massicotte, citée dans le communiqué. Le regroupement appelle donc à la protection explicite des budgets dédiés à l’achat de livres, aux sorties scolaires et au programme La culture à l'école.
Vers une protection sociale adaptée pour les artistes
Face aux « écarts de revenus marqués » dans le secteur culturel, l’organisme plaide pour une protection sociale tenant compte des parcours professionnels atypiques des artistes. Culture Bas‑Saint‑Laurent rappelle que la rémunération médiane des artistes reste nettement inférieure à celle de l’ensemble de la population active, une situation qui fragilise la continuité des carrières et l’attractivité des métiers culturels pour les jeunes générations.
- Indexation du financement de fonctionnement des organismes culturels réclamée.
- Protection des budgets pour les sorties scolaires, l’achat de livres et le programme La culture à l'école.
- Mise en place d’une protection sociale mieux adaptée aux réalités des artistes.
- Renforcement du soutien à la philanthropie et à l’investissement privé local pour consolider les structures régionales.
Conséquences et enjeux politiques
L’initiative intervient en pleine campagne électorale provinciale, au moment où les partis présentent leurs priorités budgétaires. Pour Culture Bas‑Saint‑Laurent, il s’agit non seulement de réclamer davantage de ressources, mais aussi d’obtenir des engagements structurants capables de réduire les inégalités territoriales et d’assurer l’accès des jeunes à la culture. Le regroupement propose également d’encourager la création de structures régionales visant à stimuler la philanthropie et l’investissement privé pour compléter l’effort public.
Dans ce contexte, la demande d’indexation vise à protéger les organismes contre l’érosion des budgets due à l’inflation et à garantir une vision à moyen terme pour les politiques culturelles régionales. Les signaux envoyés par les partis dans les prochaines semaines seront scrutés par les acteurs locaux, qui voient dans la campagne une occasion de placer la culture « au cœur » des débats publics.
| Région | Dépense culture par habitant |
|---|---|
| Bas‑Saint‑Laurent | 112 $ |
| Capitale‑Nationale | 382 $ |
Le secteur culturel espère que ces demandes seront traduites en mesures concrètes par le futur gouvernement. « C'est important de voir la culture se démarquer à l'occasion avec la campagne électorale et je pense qu'il faut juste nous donner les moyens de nos ambitions », a ajouté la coprésidente du regroupement, dans les déclarations reprises par l'organisme.