Une enquête internationale a mis au jour une fraude d'ampleur visant à faire passer pour consommables des chevaux traités par des médicaments, a annoncé l'ONG Foodwatch ce vendredi 11 septembre 2026. L'affaire concerne plusieurs pays européens — la Belgique, la France, l'Irlande et les Pays-Bas — et a mobilisé d'importants moyens policiers et vétérinaires.
Opération coordonnée et résultats
Les autorités, assistées par l'agence de coopération policière européenne Europol, ont engagé une opération qui a mobilisé plus de 200 enquêteurs et abouti à 24 perquisitions dans les quatre États concernés. Plus de 1 000 chevaux ont été contrôlés : un nombre « considérable » d'entre eux a été saisi, selon le communiqué relayé par Foodwatch.
| Élément | Chiffre |
|---|---|
| Enquêteurs mobilisés | 200+ |
| Perquisitions | 24 |
| Chevaux contrôlés | 1 000+ |
| Interpellations en Belgique | 3 personnes (2 placées sous mandat d'arrêt) |
Des chevaux traités présentés comme de la viande de boucherie
La fraude révélée concerne la requalification d'animaux qui avaient reçu des traitements médicamenteux — et qui, de ce fait, étaient impropres à la consommation — en chevaux de boucherie aptes à entrer dans la chaîne alimentaire. Le mode opératoire précis n'est pas détaillé dans le communiqué publiquement disponible, mais l'ampleur des contrôles et des saisies témoigne d'un trafic organisé et transfrontalier.
« électrochoc politique »
Dans son communiqué, Foodwatch a appelé à un « électrochoc politique », jugeant manifestement que les réponses actuelles en matière de contrôle et de prévention sont insuffisantes face à ce type de fraude. L'ONG appelle à des mesures fortes pour garantir la sécurité alimentaire et la traçabilité des produits d'origine animale.
Implications pour la Belgique et pistes d'action
En Belgique, la police judiciaire fédérale de Flandre orientale a procédé à l'interpellation de trois personnes ; deux d'entre elles ont été placées sous mandat d'arrêt. Au-delà des suites judiciaires, plusieurs questions institutionnelles se posent :
- la coordination entre les services vétérinaires, les autorités judiciaires et les zones de police pour détecter et interrompre des circuits illégaux ;
- la suffisance des contrôles aux différents maillons de la chaîne (élevage, abattage, transformation, commercialisation) et la traçabilité des équidés destinés à la consommation ;
- le rôle des autorités fédérales et des Régions pour renforcer les inspections et harmoniser les standards, en lien avec les partenaires européens.
Sans présumer des conclusions de l'enquête judiciaire, la divulgation de ces faits risque d'alimenter un débat public et politique sur la prévention des fraudes alimentaires et sur l'arsenal de contrôles disponibles en Belgique. Foodwatch, en exigeant un « électrochoc », veut pousser les responsables politiques à agir rapidement pour restaurer la confiance des consommateurs.
Coopération européenne et suite judiciaire
Le recours à Europol souligne la dimension transnationale de l'affaire. La coopération internationale permet d'assembler des moyens d'enquête et de partager des analyses vétérinaires et criminelles — un facteur souvent décisif lorsque des chaînes d'approvisionnement et des circuits commerciaux dépassent les frontières.
Sur le plan judiciaire, l'enquête se poursuit. Les arrestations opérées en Flandre orientale constituent une première étape : il reviendra au parquet et aux juges d'instruction d'établir les responsabilités et de décider des suites pénales. Les autorités vétérinaires et sanitaires devront, parallèlement, rendre des comptes sur les contrôles déjà effectués et sur les mesures nouvelles qu'elles entendent mettre en place.
Cette affaire rappelle que la sécurité alimentaire est un enjeu à la fois local et européen : elle exige des réponses coordonnées, des contrôles rigoureux et, selon certains acteurs comme Foodwatch, une impulsion politique pour combler les lacunes mises au jour.