Des élus inquiets, des riverains méfiants
La décision de Fedasil de confier au Samusocial l'exploitation d'un centre d'hébergement à Uccle, autorisé par la justice le 19 août, a animé le dernier conseil communal. Le futur établissement pourra, selon les éléments communiqués, héberger jusqu'à 238 personnes. Une réunion d'information organisée mercredi avec les riverains avait déjà laissé apparaître une forte défiance ; jeudi, plusieurs conseillers communaux ont repris ces préoccupations en séance.
Pour l'opposition, la question n'est plus seulement l'origine des personnes qui seront accueillies mais la méthode et la densité du projet. Marc Cools (Li.bres) a ainsi affirmé que le problème était « le fait accompli » et la concentration de résidents prévue. De son côté, Éric Mercenier (PS) a pointé une discordance entre les déclarations publiques du collège communal et les arguments développés par les avocats de la commune devant la justice.
Réponses du collège et inquiétudes sanitaires
En riposte, l'échevin Jonathan Biermann (MR) a tenu à préciser que la commune n'avait pas demandé « ni suspension, ni interdiction, ni astreinte » devant la juridiction compétente. Nicolas Clumeck (LB) a, pour sa part, exprimé une préoccupation sur les conséquences possibles d'une promiscuité prolongée sur la santé mentale des personnes hébergées.
La bourgmestre faisant fonction, Valentine Delwart (MR), a regretté que Fedasil et le Samusocial ne se soient pas associés plus tôt à la commune sur ce dossier, tout en assurant que les services communaux préparent l'arrivée des résidents.
Justice, urbanisme et demande de concertation
Le dossier mêle des dimensions juridiques et urbanistiques. La justice a autorisé l'installation du centre le 19 août, mais les riverains continuent de réclamer une procédure urbanistique et une véritable concertation leur permettant de débattre de l'avenir du site. Ils demandent des clarifications sur les conséquences à long terme pour le quartier et sur les mesures d'accompagnement qui seront mises en place.
- Acteurs : Fedasil (autorité fédérale), Samusocial (exploitant), commune d'Uccle.
- Capacité annoncée : jusqu'à 238 personnes.
- Date clé : autorisation judiciaire du 19 août.
Vigilance communale et risques de politisation
Lors de la séance, la bourgmestre faisant fonction a insisté sur sa vigilance pour éviter que le déménagement et les premières semaines d'accueil ne soient perturbés par des manifestations extérieures visant à instrumentaliser politiquement le dossier. Elle a confirmé la mobilisation des services communaux pour préparer concrètement l'arrivée des résidents.
Sur le terrain, la situation reste tendue : riverains et certains élus réclament davantage de transparence et une concertation approfondie, tandis que la commune doit désormais concilier ses obligations institutionnelles avec la préparation logistique de l'accueil. Le débat met au jour des questionnements plus larges sur la gestion locale des dispositifs d'hébergement d'urgence dans une capitale cosmopolite et dense comme Bruxelles.
| Élément | Information |
|---|---|
| Exploitant | Samusocial (pour le compte de Fedasil) |
| Capacité | Jusqu'à 238 personnes |
| Autorisation judiciaire | 19 août |
| Acteurs communaux cités | Marc Cools (Li.bres), Éric Mercenier (PS), Jonathan Biermann (MR), Nicolas Clumeck (LB), Valentine Delwart (MR, bourgmestre faisant fonction) |
Les prochaines étapes attendues concernent la mise en œuvre pratique de l'accueil, les modalités de concertation avec les riverains et les mesures d'accompagnement social et sanitaire. La question restera sans doute au cœur des débats locaux dans les semaines qui viennent.