Le ministère de la Culture a rendu public, le 9 septembre, un rapport consacré à l’accès et au maintien dans l’emploi des personnes en situation de handicap dans le secteur culturel. Rédigé par la journaliste non-voyante Laetitia Bernard, le document formule 17 préconisations visant à engager des changements à la fois au niveau national et au niveau local.
Un chantier national, décliné localement
Commandé en février dernier par la Rue de Valois, le rapport ne se limite pas à pointer des insuffisances ministérielles : il propose un dispositif coordonné entre plusieurs départements. Il recommande notamment l’élaboration d’un plan national pour l’accès des personnes en situation de handicap aux emplois culturels et leur maintien dans ces emplois, qui reprendrait les bonnes pratiques observées dans les territoires les plus dotés en emplois culturels et qui serait ensuite décliné par les collectivités.
Pour l’auteure, l’effort doit être collectif : ministère de la Culture, du Handicap et du Travail seraient invités à travailler de conserve. Une circulaire conjointe permettrait d’inscrire ces orientations dans les documents stratégiques locaux (conventions territoriales de développement culturel, plans régionaux d’insertion des travailleurs handicapés, plans des services publics départementaux de l’autonomie), et pourrait conditionner, pour certains dispositifs, l’éligibilité aux aides de l’État.
Des constats nationaux et territoriaux
Le rapport souligne la difficulté d’établir un panorama statistique complet et homogène sur l’emploi des personnes handicapées dans la culture. Malgré cette lacune, l’auteure estime qu’un «
rattrapage quantitatif s’impose» dans la fonction publique territoriale et, implicitement, dans les structures culturelles subventionnées ou soutenues par les collectivités.
Plusieurs recommandations adressées aux collectivités locales visent à corriger ce déséquilibre : identification et suivi des emplois, adaptation des postes et des conditions de travail, formation des managers, et recours aux dispositifs d’insertion et de maintien déjà existants. Le rapport met l’accent sur la nécessité d’un pilotage territorial assorti d’objectifs chiffrés, même si l’état des statistiques disponibles ne permet pas encore de définir précisément l’ampleur du retard.
- Commanditaire : ministère de la Culture (Rue de Valois)
- Auteur : Laetitia Bernard, journaliste non-voyante
- Date de remise : 9 septembre
- Nombre de recommandations : 17
| Élément | Information |
|---|---|
| Commande | Février (ministerielle) |
| Remise | 9 septembre |
| Auteur | Laetitia Bernard |
| Préconisations | 17 |
Conséquences pour les collectivités et le secteur culturel
Le rapport place les collectivités au cœur de la mise en œuvre : hôtels de ville, provinces, intercommunalités et structures culturelles subventionnées disposent d’un pouvoir d’intervention direct sur les recrutements, les aménagements de postes et la contractualisation des aides. En pratique, cela signifie que des dispositifs de soutien et des exigences pourraient être attachés aux conventions locales de développement culturel ou aux plans d’aide aux structures artistiques.
Pour le secteur culturel, l’enjeu est double : améliorer l’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap et garantir leur maintien dans des emplois souvent précaires. Les propositions vont de la formation des encadrants à l’accessibilité des lieux et des outils de travail, en passant par des mécanismes financiers d’accompagnement pour adapter les postes.
Sans prétendre apporter des chiffres nouveaux sur la prévalence de l’emploi des personnes handicapées dans la culture — le rapport souligne lui-même l’absence de données consolidées —, Laetitia Bernard trace néanmoins une feuille de route. Si le gouvernement suit ses recommandations, il reste à voir comment seront articulés pilotage national et mise en œuvre locale, et quelles ressources seront mobilisées pour transformer ces orientations en actions opérationnelles.
La publication du rapport marque une étape importante : elle met en lumière des pratiques à corriger et propose des leviers concrets pour y parvenir. Reste désormais à engager la coordination entre ministères et collectivités pour que le secteur culturel devienne réellement plus inclusif.