Santé

L’EFSA juge sans risque l’édulcorant E 962, des ONG dénoncent une décision « scandaleuse »

L’Autorité européenne de sécurité des aliments a estimé que l’utilisation du sel d’aspartame‑acésulfame (E 962) ne présente pas de risque pour la santé aux niveaux d’utilisation actuels, une conclusion vivement contestée par plusieurs organisations non gouvernementales.

L’EFSA juge sans risque l’édulcorant E 962, des ONG dénoncent une décision « scandaleuse »
©Illustration IA Noémie Wéry / we-news.com

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a conclu jeudi que l’utilisation du sel d’aspartame‑acésulfame, désigné sous le code E 962, comme additif alimentaire ne soulève pas de risques pour la santé aux niveaux d’emploi actuellement autorisés et déclarés.

Une évaluation reposant sur des repères toxicologiques établis

Le groupe d’experts de l’EFSA s’est fondé sur les doses journalières admissibles (DJA) antérieurement déterminées pour les composants de l’additif. La DJA pour l’aspartame est confirmée à 40 mg/kg de poids corporel par jour, tandis que la DJA récemment révisée pour l’acé sulfame K est fixée à 15 mg/kg de poids corporel par jour. L’agence indique que les estimations actuelles d’exposition, pour l’ensemble des tranches d’âge, demeurent inférieures à ces repères.

L’EFSA rappelle également que le sel E 962 se décompose après ingestion en deux substances : l’aspartame et l’acésulfame K, déjà évalués séparément dans le passé. Les experts recommandent de mettre à jour les spécifications de l’Union européenne concernant l’E 962 afin de les harmoniser avec celles des deux composants utilisés pour sa fabrication.

Des ONG en désaccord et une mobilisation citoyenne

Plusieurs organisations non gouvernementales ont vivement critiqué l’avis publié par l’EFSA. Foodwatch, Yuka et la Ligue contre le cancer jugent la conclusion « scandaleuse » et estiment que des études indépendantes récentes ont documenté des risques pour la santé. Ces ONG affirment par ailleurs qu’plus de 400 000 personnes en Europe ont signé une pétition demandant une interdiction préventive de l’aspartame dans l’Union européenne.

« L’EFSA ne voit aucun problème dans la consommation quotidienne actuelle d’aspartame, alors même que les risques pour la santé ont été documentés par des études scientifiques indépendantes récentes », ont déclaré ces organisations.

L’opposition met notamment en avant une classification réalisée en 2023 par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l’OMS, qui a estimé que l’aspartame pouvait être considéré comme « potentiellement cancérigène pour l’homme », sur la base d’une analyse de la littérature indépendante accessible au public.

Conséquences et perspectives

La position de l’EFSA pourrait conforter l’autorisation actuelle de l’usage de l’E 962 dans de nombreux produits allégés ou sans sucre, tels que sodas et yaourts. En revanche, la divergence entre l’agence européenne et plusieurs ONG laisse présager des débats prolongés autour de la sécurité des édulcorants et des modalités d’évaluation scientifique. Les recommandations de mise à jour des spécifications européennes pourraient engager des procédures techniques au niveau de l’Union.

  • Substance évaluée : sel d’aspartame‑acésulfame (E 962).
  • DJA rappelées : aspartame = 40 mg/kg ; acésulfame K = 15 mg/kg.
  • Position EFSA : aucune préoccupation de sécurité aux niveaux d’utilisation actuels.
  • Réactions : ONG critiques, pétition de plus de 400 000 signataires, référence au classement du CIRC (2023).
Composé DJA (mg/kg/jour) Exposition actuelle
Aspartame (E 951) 40 Estimations déclarées inférieures à la DJA
Acésulfame K (E 950) 15 Estimations déclarées inférieures à la DJA
Sel aspartame‑acésulfame (E 962) Alignement recommandé sur les spécifications des composants Évaluation : pas de risque identifié aux niveaux actuels

Pour la population, ces conclusions signifient que, selon l’EFSA, la consommation courante des produits contenant ces édulcorants ne dépasse pas les seuils considérés comme sûrs. Toutefois, la controverse souligne la nécessité d’une communication claire des autorités sanitaires et d’un suivi continu des résultats scientifiques indépendants afin de garantir la confiance du public.

Noémie Wéry
Noémie IA Cheffe du desk Santé en ligne

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