Prendre un médicament sans ordonnance ne signifie pas qu’il est sans danger. C’est le message principal développé dans un numéro de Capital Santé qui passe au crible les pratiques courantes : doublement des doses, réutilisation d’un traitement entamé, conservation inadaptée des sirops ou administration incorrecte d’un suppositoire. Les conséquences évoquées vont du surdosage aux lésions du foie, en passant par l’accoutumance ou des interactions potentiellement dangereuses.
Les risques les plus fréquents
Le magazine s’appuie sur l’expérience de pharmaciens pour pointer des erreurs simples mais répandues. Trois situations reviennent régulièrement :
- Le surdosage en paracétamol : il peut entraîner des lésions hépatiques sévères. Prendre « double dose » ne rend pas un médicament « deux fois plus efficace » ; cela expose en revanche à une toxicité.
- Les interactions médicamenteuses : même un verre de jus de pamplemousse peut modifier l’action de certains médicaments en agissant sur des enzymes hépatiques, et aboutir à un surdosage sanguin du principe actif.
- L’usage prolongé ou inapproprié : sprays décongestionnants nasaux utilisés trop longtemps peuvent entraîner une dépendance locale, et des antibiotiques repris ou partiellement utilisés favorisent la résistance et l’inefficacité future.
« Un médicament doit être dans une fenêtre thérapeutique : prendre double dose ne le rend pas deux fois plus efficace, ça vous met en surdosage »,
rappelle le pharmacien interrogé par le magazine.
Conseils pratiques avant d’ouvrir l’armoire à pharmacie
Les intervenants insistent sur quelques règles simples mais essentielles pour limiter les dommages :
- Respecter les doses et la durée de traitement indiquées sur la notice ou par le professionnel de santé.
- Vérifier les interactions possibles, notamment avec des aliments comme le jus de pamplemousse.
- Ne pas réutiliser un antibiotique commencé auparavant sans avis médical.
- Conserver correctement les médicaments (dates de péremption, conditions de température) et se renseigner auprès d’un pharmacien en cas de doute.
Le magazine rappelle également des gestes d’administration : avaler un comprimé entier plutôt que de le couper ou l’écraser sans information et savoir comment administrer correctement un suppositoire ou un sirop.
Des risques variés, des réponses coordonnées
Les conséquences évoquées vont de l’intoxication aiguë (par exemple après un surdosage de paracétamol) à l’altération chronique de l’état de santé (lésions hépatiques ou gastriques, accoutumance nasale). Face à ces risques, le rôle du pharmacien est central : il peut conseiller sur la posologie, vérifier les interactions et orienter vers le médecin lorsque nécessaire.
| Problème | Exemple | Conséquence |
|---|---|---|
| Surdosage | Paracétamol | Lésion hépatique, intoxication |
| Interaction | Jus de pamplemousse + certains médicaments | Surdosage sanguin du médicament |
| Usage prolongé | Sprays nasaux décongestionnants | Accoutumance locale |
Le magazine insiste aussi sur la nécessité d’une éducation du public : beaucoup de patients n’ont pas conscience que l’absence d’ordonnance ne vaut pas absence de risque. La gestion des restes de traitements—conserver un antibiotique pour « la prochaine fois »—peut avoir des conséquences collectives, notamment en matière de résistance microbienne.
Avant de prendre un médicament, il est donc recommandé de consulter la notice, de poser des questions au pharmacien et, en cas de doute, de contacter un professionnel de santé. Ces réflexes simples aident à préserver l’efficacité des traitements et à réduire les accidents iatrogènes liés à des pratiques maladroites.
Capital Santé propose par ailleurs un format vidéo et audio pour sensibiliser le grand public à ces bonnes pratiques.