Les autorités de Charleroi accompagnées des principaux opérateurs d’enseignement supérieur ont dressé, à l’occasion de la rentrée, un bilan et une feuille de route visant à renforcer l’attractivité et la capacité du campus carolorégien. Parmi les objectifs affichés : poursuivre l’augmentation de la fréquentation et étoffer l’offre pédagogique pour répondre aux besoins du territoire.
Un campus en pleine croissance
Les établissements présents — UMONS, ULB, UCLouvain, HELHa et la Haute École Provinciale Condorcet — constatent une hausse de la population étudiante. Le campus accueille aujourd’hui 10 000 inscrits et les autorités visent une montée en charge progressive jusqu’à 15 000 étudiants à l’horizon 2035. Cette trajectoire s’accompagne d’un renforcement des infrastructures et d’un élargissement de l’offre de formation.
Diversification de l’offre et innovations pédagogiques
La Haute École Provinciale Condorcet a lancé pour la première fois une formation en jeu vidéo organisée intégralement à distance, une modalité qui a suscité un nombre d’inscriptions « déjà élevé » selon la députée provinciale Aurore Goossens. Les acteurs soulignent que l’enseignement supérieur s’adapte aux nouveaux besoins professionnels et aux attentes des publics.
« La Haute École Provinciale Condorcet propose pour la première fois une formation en jeu vidéo organisée 100 % à distance. Le nombre d'inscriptions déjà élevé continue à augmenter. »
Un profil étudiant conforme aux prévisions
La composition actuelle de la population universitaire du campus correspond aux projections présentées lors du lancement du projet : environ deux tiers des étudiants résident dans la Métropole carolorégienne. Le bourgmestre a précisé que 30 % des inscrits viennent de la ville de Charleroi et que 15 % bénéficient d’une bourse. Ces parts ont progressé respectivement de 5 et 3 points, signe, selon les responsables, d’une meilleure captation de publics locaux et sociaux qui n’auraient peut‑être pas choisi un campus hors de leur région.
Orientation, insertion et nouvelles infrastructures
Parmi les leviers mobilisés pour augmenter l’attractivité, l’amélioration des dispositifs d’orientation tient une place centrale. La création d’une cité des métiers dotée d’un guichet opérationnel depuis septembre et la publication d’un catalogue détaillant l’offre de formations permettent, selon les élus, d’orienter davantage d’apprenants vers les filières adaptées.
- Offre présentée : 75 bacheliers, 27 masters et 50 formations continues.
- Accent mis sur la formation pour adultes et l’apprentissage tout au long de la vie.
- Extension prévue des infrastructures pour accompagner la montée en effectifs.
| Indicateur | Valeur actuelle | Objectif 2035 |
|---|---|---|
| Nombre d'inscrits | 10 000 | 15 000 |
| Part d'étudiants locaux (Métropole) | ~66 % | — |
| Part d'étudiants de Charleroi ville | 30 % | — |
| Étudiants boursiers | 15 % | — |
Cet élargissement du campus s’appuie aussi sur des initiatives d’orientation et d’insertion professionnelle destinées à favoriser l’entrée dans l’enseignement supérieur de publics souvent éloignés des parcours universitaires. L’échevine de l’Enseignement souligne que la densité des formations offertes explique en partie le succès constaté dans le secteur de la formation pour adultes.
Les autorités locales indiquent que le développement se fera par paliers, avec des investissements ciblés dans les lieux de cours, les outils pédagogiques et les infrastructures d’accueil. Reste à suivre la manière dont ces projets seront financés et coordonnés entre les différents opérateurs afin de garantir la qualité des formations pendant la montée en puissance du campus.
À l’échelle nationale, l’expérience carolorégienne pose la question de la territorialisation de l’enseignement supérieur : comment développer des pôles universitaires décentralisés capables d’accueillir des étudiants issus du même territoire tout en maintenant l’attractivité académique et la qualité des parcours ? Charleroi se veut aujourd’hui un laboratoire opérationnel de cette stratégie.