Une ferme collective au cœur d'une enquête d'urbanisme
Depuis 2019, l'ASBL L'Arbre qui pousse occupe la ferme de la Balbrière, chemin du Griffon, à Ottignies-Louvain-la-Neuve, où elle développe une ferme collective et pédagogique. Une demande de permis unique, introduite par la fondation Ecotones — propriétaire du lieu — a engagé une enquête publique destinée à régulariser plusieurs aménagements et à officialiser des transformations en cours. Cette enquête est ouverte jusqu'au 14 octobre et les documents sont consultables au service Urbanisme de la Ville et sur le site communal (www.olln.be).
Le dossier explique que, face à l'évolution des usages sur le site, «
Dans ce contexte d'évolution des usages et des activités sur le lieu, certains travaux de rénovation et de transformation ont été effectués et nécessitent une régularisation. D'autres s'avèrent encore nécessaires et font partie de cette demande.» Ces travaux concernent tant des installations légères que la rénovation du corps de ferme principal.
Ce que demande la régularisation
Parmi les éléments que la fondation Ecotones souhaite voir légaliser figurent des espaces destinés aux activités collectives, des habitats provisoires et une aire d'accueil touristique. Le dossier mentionne explicitement plusieurs équipements aujourd'hui présents sur le site.
- une cabane de maraîchage ;
- une yourte utilisée pour des activités collectives ;
- deux habitats provisoires sous forme de roulottes, le temps d'aménager deux logements complémentaires dans le corps de logis de la ferme ;
- une aire de camping comprenant trois roulottes et trois emplacements pour tentes.
| Installation | Usage |
|---|---|
| Cabane de maraîchage | Soutien à la production vivrière |
| Yourte | Activités collectives / pédagogiques |
| Roulottes (2) | Habitat provisoire en attendant deux logements |
| Aire de camping (3 roulottes + 3 tentes) | Accueil de visiteurs, diversification des revenus |
Motivations et enjeux financiers
La demande insiste sur l'importance de diversifier les sources de revenus pour permettre la pérennité des activités agricoles et pédagogiques. Selon le dossier,
« cette aire de camping [...] doit permettre à plus de visiteurs de faire l'expérience d'une ferme partagée, et ainsi faire rayonner les valeurs du projet pour qu'il puisse en inspirer d'autres ; diversifier les revenus de la ferme pour permettre le soutien des projets de nature vivrière, tels que le maraîchage. En effet, ces activités sont financièrement précaires, et pourtant si importantes. »
La mention de la création de deux logements complémentaires dans le corps de logis indique en outre une volonté d'ancrer durablement des acteurs sur le site, plutôt que de prolonger indéfiniment des statuts provisoires. La rénovation du corps de ferme, elle aussi incluse dans la demande, vise à répondre à ces évolutions d'affectation et à sécuriser l'usage du bâtiment principal.
Débat communal et précédents
Le recours à des habitats légers sur la ferme n'est pas sans controverse. Lors du conseil communal d'avril 2021, l'installation de roulottes sur le site avait déjà été débattue : le MR, alors dans l'opposition, s'était interrogé sur une éventuelle trop grande tolérance de la majorité (Écolo, Avenir et PS) à l'égard d'habitats légers implantés sans permis. Le dossier actuel vise précisément à répondre, par la voie formelle, aux questions de conformité urbanistique soulevées à l'époque.
Pour les habitants d'Ottignies-Louvain-la-Neuve, cette enquête publique est l'occasion de se prononcer sur la place à donner à des initiatives de transition sur le territoire commun et sur la conciliation entre protection du patrimoine rural, accueil du public et besoins économiques d'une ferme collective.
Le service Urbanisme de la Ville reste le lieu de consultation physique du dossier ; les personnes intéressées disposent aussi de la version numérique sur le site communal jusqu'à la clôture de l'enquête, le 14 octobre.