Une carrière longue d’un demi-siècle et plus
La mort de Marina Vlady, annoncée jeudi par sa famille à l’AFP, marque la fin d’un chapitre important du cinéma européen. Elle s’est éteinte à l’âge de 88 ans, « chez elle, entourée de ses proches et de ses animaux », ont précisé ses enfants dans un communiqué, saluant « une longue et belle vie bien remplie ». Actrice, écrivaine et chanteuse, Marina Vlady laisse derrière elle une filmographie de plus de 80 films et une production littéraire et musicale notable.
Découverte très jeune, elle fait ses premiers pas au cinéma dans Avant le déluge d’André Cayatte en 1954. Ce rôle lui vaut le prix Suzanne Bianchetti qui récompense l’actrice prometteuse. Au fil des décennies, elle collabore avec des réalisateurs de premier plan — de Jean-Luc Godard à Orson Welles, en passant par Bertrand Tavernier, Chris Marker et Ettore Scola — et alterne films d’auteur et comédies populaires.
Prix et engagements
Parmi ses distinctions, on retient le prix d’interprétation au Festival de Cannes en 1963 pour son rôle dans Le lit conjugal. Outre le cinéma, Marina Vlady se distingue aussi dans la chanson avec ses sœurs sous le nom de Les sœurs Poliakoff, et dans l’écriture : elle publie une dizaine d’ouvrages, dont ses mémoires 24 images/seconde (2005) et Vladimir ou le vol arrêté (1987), inspiré de sa relation avec le chanteur et poète russe Vladimir Vissotsky.
- Plus de 80 films à son actif
- Prix d’interprétation au Festival de Cannes — 1963
- Carrière pluridisciplinaire : cinéma, théâtre, chanson, écriture
« Une longue et belle vie bien remplie », ont écrit ses enfants.
Vie privée et parcours personnel
Marina Vlady a mené une vie personnelle très liée à ses engagements artistiques et à ses rencontres. Mariée à plusieurs reprises, elle a notamment été l’épouse du metteur en scène Robert Hossein, avec lequel elle a eu deux fils, puis compagne de l’aventurier Jean‑Claude Brouillet. En 1969, elle épouse Vladimir Vissotsky et s’installe à Moscou jusqu’à la mort de ce dernier en 1980. Ces années moscovites inspireront son livre Vladimir ou le vol arrêté, ensuite transposé en spectacle.
Un répertoire varié: auteur, comédienne, chanteuse
Si elle a souvent été associée au cinéma d’auteur, Marina Vlady n’a pas hésité à franchir les frontières de genres. Dans les années 1970, elle apparaît dans des comédies populaires comme Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil de Jean Yanne ou Que la fête commence de Bertrand Tavernier, démontrant une grande aisance tant dans les tragédies que dans les registres plus légers.
| Année | Événement |
|---|---|
| 1954 | Premiers rôles — Avant le déluge d’André Cayatte |
| 1963 | Prix d’interprétation au Festival de Cannes — Le lit conjugal |
| 1969 | Mariage avec Vladimir Vissotsky |
| 1987 | Publication de Vladimir ou le vol arrêté |
| 2005 | Publication de ses mémoires — 24 images/seconde |
Un héritage artistique
La disparition de Marina Vlady suscite des hommages dans le monde culturel européen. Sa trajectoire, qui traverse le cinéma français, italien et russe, ainsi que ses engagements littéraires et musicaux, constituent un ensemble d’œuvres et de choix de vie qui continueront d’être étudiés et admirés. Pour les amateurs de cinéma d’Ans et de la province de Liège, son parcours illustre une époque — celle du cinéma européen des années 1950‑1970 — et rappelle les ponts artistiques entre la France et la Russie que l’actrice a incarnés tout au long de sa vie.
Les obsèques ou hommages officiels n’ont pas encore été annoncés publiquement par la famille au moment de la publication de cet article.