Un retournement fulgurant au Val Benoît
La nouvelle est tombée mardi : le Tribunal de l'entreprise de Liège a déclaré en faillite iKanbi Belgium, société implantée au Val Benoît et employant environ 500 personnes. Dans la foulée, l'activité a été reprise par iZuwi Europe, une opération qui, selon la direction, permet de maintenir 391 emplois mais qui laisse, toujours selon ces chiffres, 86 collaborateurs sans reprise.
À Liège, cette procédure rapide suscite questions et colère du côté des représentants du personnel. La CNE et le SETCa dénoncent unanimement une absence de concertation et réclament des éclaircissements sur les modalités de la faillite et du transfert d'activité.
Des syndicats pris au dépourvu
Les organisations syndicales affirment ne pas avoir été informées préalablement et ne pas avoir eu la possibilité de proposer des alternatives ou des garanties pour les travailleurs concernés. Leur revendication porte autant sur le fond — les motifs et conditions de la faillite — que sur la forme : le déroulé même de l'opération.
« Nous n'avons pas été informés »
La CNE et le SETCa insistent : certains délégués syndicaux et des salariés en incapacité de longue durée ou en mi-temps médical n'ont pas été repris. « Les travailleurs ne peuvent pas être traités comme de simples numéros », écrivent les syndicats, qui demandent de connaître les critères objectifs ayant guidé le choix des personnes réengagées.
- Situation initiale : environ 500 emplois au Val Benoît.
- Après reprise par iZuwi Europe : 391 emplois maintenus.
- Personnel non repris : 86 personnes (contractuels, selon la direction).
| Élément | Chiffres communiqués |
|---|---|
| Effectif estimé avant faillite | ~500 |
| Emplois maintenus | 391 |
| Collaborateurs non repris | 86 |
La rapidité de la procédure interpelle
Outre l'absence de consultation, les syndicats pointent la célérité de l'opération : faillite prononcée et activité relancée via une autre structure quasi simultanément. Ils s'étonnent aussi que l'activité puisse redémarrer, potentiellement avec « une partie du même management », alors que les travailleurs ont été licenciés.
Ces éléments nourrissent l'exigence d'une transparence accrue : la CNE et le SETCa annoncent vouloir poursuivre leurs démarches pour obtenir des réponses sur les conditions juridiques et financières de la faillite, mais aussi sur les critères appliqués pour la reprise des salariés.
Conséquences locales et attentes
Au-delà des personnes directement concernées, la situation interroge l'écosystème liégeois : la préservation de l'emploi, la protection des travailleurs précaires et la crédibilité du dialogue social sont en jeu. Les syndicats réclameront des comptes et, le cas échéant, des mesures d'accompagnement pour les salariés non repris.
De son côté, la direction d'iKanbi/iZuwi a communiqué des chiffres sur les emplois maintenus, mais les syndicats attendent des éclaircissements détaillés sur le processus décisionnel et les critères de sélection des personnes réengagées. À Liège, de nombreux regards sont tournés vers les prochaines réunions et démarches que conduiront la CNE et le SETCa pour défendre les droits des travailleurs touchés.
La Ville de Liège et les autorités compétentes n'ont pas encore rendu de communiqué public au moment de la publication. Les salariés et leurs représentants restent mobilisés pour obtenir des réponses et envisager des recours si nécessaire.