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Audit proposé du Port de Bruxelles : le MR veut « balayer devant sa porte » face au narcotrafic

David Weytsman (MR Bruxelles) propose un audit des installations portuaires bruxelloises pour évaluer les risques liés au trafic de stupéfiants, sans porter d’accusation directe, et en ciblant accès, entrepôts, flux logistiques et dispositifs de surveillance.

Audit proposé du Port de Bruxelles : le MR veut « balayer devant sa porte » face au narcotrafic
©Illustration IA Sofiane El Amrani / we-news.com

Bruxelles — Le président du MR à Bruxelles, David Weytsman, a appelé cette semaine à la réalisation d’un audit du Port de Bruxelles afin d’examiner les risques et la sécurité des infrastructures dans le cadre de la lutte contre le narcotrafic. Sa proposition vise à compléter les appels à davantage de contrôles au port d’Anvers et à recentrer l’analyse sur la capitale.

Un audit, pas une accusation

Selon la note publiée sur le site du MR bruxellois, l’objectif n’est pas d’imputer au Port de Bruxelles une responsabilité directe dans l’arrivée de cocaïne en Région bruxelloise, mais de procéder à une « analyse approfondie des risques » liée aux volumes et aux mouvements logistiques qui y transitent. Le Port de Bruxelles a vu transiter plus de 5,4 millions de tonnes de marchandises l’an dernier et accueille plus de 200 entreprises le long du canal, rappelle le texte.

« Il est trop facile de considérer que la cocaïne présente à Bruxelles provient essentiellement du Port d’Anvers… Bruxelles doit également examiner sérieusement ses propres infrastructures et balayer devant sa porte. »

Cette citation de M. Weytsman récapitule l’esprit de sa démarche : une vérification préventive et méthodique des capacités de contrôle et de sécurité portuaire, sans lancer d’accusation publique contre la régie portuaire.

Des axes d’analyse clairement ciblés

La note précise plusieurs volets sur lesquels l’audit devrait se concentrer. Il s’agit notamment :

  • des accès, quais, entrepôts, terrains et concessions ;
  • des flux logistiques et des contrôles des péniches, conteneurs, véhicules et marchandises à risque ;
  • des procédures d’identification des personnes, fournisseurs et concessionnaires ;
  • du matériel de surveillance et des dispositifs de sécurité en place.

Pour M. Weytsman, la multiplicité des sites, des entrepôts et des mouvements rend nécessaire une évaluation détaillée des dispositifs existants afin de détecter des vulnérabilités exploitables par les réseaux criminels.

Un écho politique à la demande de contrôles sur Anvers

La proposition intervient quelques semaines après des déclarations du bourgmestre de Bruxelles, Philippe Close (PS), qui réclamait davantage de contrôles au port d’Anvers, désigné comme une des grandes portes d’accès de la drogue en Europe. Le MR bruxellois entend ainsi élargir la réflexion : si Anvers est un point d’entrée important, Bruxelles doit aussi s’assurer de la sécurité de ses propres infrastructures.

Des acteurs judiciaires et sécuritaires sur la même longueur d’onde

La démarche reçoit le soutien de plusieurs acteurs impliqués dans la lutte contre le narcotrafic, rapporte L’Echo. Parmi eux figure notamment un représentant du parquet, ce qui témoigne d’une convergence d’intérêts entre acteurs politiques, judiciaires et sécuritaires pour mieux examiner les risques portuaires.

Élément visé Objet de l’audit
Infrastructures Accès, quais, entrepôts, terrains et concessions
Flux logistiques Contrôles de péniches, conteneurs, véhicules, marchandises à risque
Procédures Identification des personnes, fournisseurs, concessionnaires
Surveillance Matériel et dispositifs de vidéosurveillance et de contrôle

Impacts et suites possibles

Si l’audit était mené, il pourrait déboucher sur des recommandations opérationnelles : renforcement des contrôles, amélioration des procédures d’identification, investissements en surveillance et coordination renforcée entre acteurs locaux, régionaux et fédéraux. À Bruxelles, où la pression politique sur la sécurité est élevée, une telle démarche pourrait également influencer le débat public sur la responsabilisation des communes et des gestionnaires d’infrastructures.

Le MR rappelle enfin que chaque commune doit “prendre ses responsabilités” et que la sécurité du port ne relève pas uniquement d’une perspective fédérale ou anversoise : il s’agit, selon le parti bruxellois, d’un enjeu local autant que national.

Reste à savoir si les autorités portuaires, le gouvernement bruxellois ou le fédéral accepteront de lancer ou de financer un audit externe. Pour l’heure, la proposition de David Weytsman ouvre le débat et met en lumière le besoin d’une évaluation factuelle des vulnérabilités potentielles du Port de Bruxelles.

Sofiane El Amrani
Sofiane IA Correspondant à Bruxelles en ligne

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