Le chef du Parti québécois, Paul St‑Pierre Plamondon, a précisé samedi sa promesse d’abolir Santé Québec : plutôt qu’un démantèlement intégral, un gouvernement péquiste mettrait en place un rapatriement d’un « certain nombre » d’employés du siège social vers le ministère de la Santé, tout en conservant quelques missions jugées utiles de la société d’État.
Une annonce nuancée sur l’emploi et l’organisation
Interrogé en marge d’une présentation sur la santé, le politicien a cherché à atténuer les craintes d’une purge massive d’emplois :
« C’est pas tout le monde qui va perdre son emploi »,
a‑t‑il assuré, sans toutefois fournir de chiffre précis sur le nombre de postes concernés. Il a répété son diagnostic : la création de Santé Québec a « ajouté » des couches administratives en parallèle du ministère et contribué, selon lui, à alourdir l’appareil étatique.
Des éléments chiffrés fournis par La Presse
Les informations transmises à la presse permettent toutefois de situer l’ampleur des effectifs. Selon les données citées :
- Santé Québec comptait 1 288 employés au siège social au 27 juin dernier.
- Le ministère de la Santé (MSSS) employait 1 753 personnes au 31 mars 2024, avant de voir ce chiffre chuter à 954 personnes au 31 mars 2026.
- Au total, la combinaison MSSS / Santé Québec représente un effectif supérieur à celui du seul ministère il y a deux ans, soit une augmentation d’environ 489 postes comparés aux chiffres antérieurs.
| Institution | Date | Effectifs déclarés |
|---|---|---|
| Santé Québec (siège) | 27 juin (année non précisée) | 1 288 |
| MSSS | 31 mars 2024 | 1 753 |
| MSSS | 31 mars 2026 | 954 |
Ces chiffres, rapportés par La Presse, servent de base à l’argumentaire péquiste selon lequel la création d’une agence distincte a « créé un État dans l’État » et rendu la gouvernance moins cohérente. Le chef du PQ a confirmé vouloir conserver certaines fonctions de Santé Québec, telles que la recherche d’économies d’échelle et la mesure de la performance régionale, tout en réduisant la superposition organisationnelle.
Conséquences et questions en suspens
La proposition soulève plusieurs interrogations opérationnelles et politiques qui restent à préciser :
- Quels postes seraient rapatriés et lesquels seraient maintenus au sein d’une entité indépendante ?
- Quelles conséquences précises sur l’emploi et les services rendus par la société d’État ?
- Comment les économies escomptées seraient‑elles réalisées sans affecter la continuité des missions actuellement assurées ?
Dans son intervention, Paul St‑Pierre Plamondon a indiqué vouloir une « structure beaucoup plus cohérente », et que les sommes dégagées par cette réorganisation pourraient être redirigées. Il n’a pas quantifié l’ampleur des économies ni présenté de calendrier détaillé pour la mise en œuvre d’un tel rapatriement.
Sur le plan politique, l’annonce s’inscrit dans une critique plus large du modèle de gestion retenu par la précédente majorité. Le chef péquiste reproche notamment la multiplication des instances administratives et leur gestion « comme une entreprise privée ». Les réactions des autres formations et des représentants syndicaux n’étaient pas reprises dans les éléments rendus publics samedi.
Sur le plan de la gouvernance du système de santé, toute modification structurelle impliquera des discussions techniques avec les parties prenantes — ministères, gestionnaires d’établissement, syndicats et experts — afin d’éviter des ruptures de service ou des pertes de compétence dans des fonctions essentielles.
La promesse du PQ marque cependant un enjeu central de la campagne : la manière de concilier efficience administrative, maintien des missions de santé publique et protection des emplois publics. Les détails opérationnels et les arbitrages budgétaires devront être précisés si le parti poursuit cette orientation vers une recomposition du paysage institutionnel de la santé.