Enseignement

Kinshasa récuse les nominations de l’AFC/M23 dans plusieurs établissements d’enseignement supérieur

Le ministère congolais de l’Enseignement supérieur a déclaré nulles et non avenues les désignations publiées le 7 août par les autorités de fait à Goma et Bukavu, estimant qu’un groupe armé n’a pas compétence pour nommer des responsables d’institutions publiques.

Kinshasa récuse les nominations de l’AFC/M23 dans plusieurs établissements d’enseignement supérieur
©Illustration IA Valentine Dekeyser / we-news.com

Le ministère de l’Enseignement supérieur, universitaire, de la Recherche scientifique et des Innovations (ESU‑RSI) a formellement rejeté, ce lundi 10 août 2026, les nominations rendues publiques quelques jours plus tôt par l’AFC/M23 au sein de plusieurs établissements d’enseignement supérieur et universitaire situés à Goma et Bukavu, dans les provinces du Nord‑Kivu et du Sud‑Kivu.

Le ministère rappelle la primauté de l’autorité de l’État

Dans un communiqué diffusé lundi, le ministère insiste sur le principe selon lequel l’occupation temporaire d’une portion du territoire national par un groupe armé n’accorde à ce dernier ni souveraineté ni compétence administrative. Les désignations publiées le 7 août 2026 par les autorités de fait de Goma et Bukavu sont, selon le texte, incompatibles avec le fonctionnement des établissements relevant exclusivement de l’autorité de l’État congolais.

« ingérence grave et inacceptable »

Le communiqué qualifie ces interventions d’« ingérence grave et inacceptable » dans la gestion des institutions publiques d’enseignement supérieur. Le ministère précise que ces décisions sont dépourvues de valeur juridique et n’ont aucun effet sur l’administration publique congolaise.

Quelles institutions sont concernées ?

Parmi les établissements visés, le ministère cite plusieurs instituts et universités de la région. Il affirme que les comités de gestion régulièrement investis conservent leurs prérogatives administratives et académiques et demeurent légalement en fonction.

  • Institut Supérieur de Commerce de Goma (ISC/Goma)
  • Institut Supérieur des Techniques Médicales de Goma (ISTM/Goma)
  • Institut Supérieur Pédagogique de Goma (ISP/Goma)
  • Institut Supérieur de Développement Rural de Bukavu (ISDR/Bukavu)
  • Institut Supérieur des Techniques Médicales de Bukavu (ISTM/Bukavu)
  • Université Officielle de Bukavu (UOB)
Établissement Localisation
Institut Supérieur de Commerce (ISC) Goma (Nord‑Kivu)
Institut Supérieur des Techniques Médicales (ISTM) Goma (Nord‑Kivu)
Institut Supérieur Pédagogique (ISP) Goma (Nord‑Kivu)
Institut Supérieur de Développement Rural (ISDR) Bukavu (Sud‑Kivu)
Institut Supérieur des Techniques Médicales (ISTM) Bukavu (Sud‑Kivu)
Université Officielle de Bukavu (UOB) Bukavu (Sud‑Kivu)

Conséquences administratives et message aux acteurs locaux

Le ministère rappelle que seules les autorités compétentes de la République démocratique du Congo sont habilitées à procéder aux nominations ou révocations des responsables des établissements publics d’enseignement supérieur et universitaire. Il adresse par ailleurs un avertissement explicite « à toute personne qui tenterait d’exécuter ou de se prévaloir de ces nominations ». Le communiqué vise ainsi à prévenir l’installation de faits accomplis susceptibles de perturber la gouvernance académique.

En affirmant le maintien en fonction des conseils de gestion régulièrement désignés, le gouvernement cherche à rassurer la communauté universitaire sur la continuité des responsabilités administratives et pédagogiques. Aucun détail supplémentaire n’a été fourni publicement sur d’éventuelles mesures coercitives ou judiciaires visant les auteurs ou les exécutants des nominations annoncées.

Sur le plan éducatif, la contestation de ces désignations vise à protéger l’autonomie et la régularité des établissements concernés, ainsi que les droits des étudiants et du personnel enseignant à voir respectées les procédures institutionnelles nationales. La décision ministérielle marque aussi une volonté d’empêcher que des bouleversements politiques et sécuritaires locaux ne se traduisent par des modifications unilatérales de la gouvernance universitaire.

Le ministère de l’ESU‑RSI, en se prononçant publiquement, engage désormais les autorités congolaises à maintenir la supervision légale des universités et instituts affectés et envoie un signal aux acteurs internationaux et nationaux sur la nécessité de respecter les cadres institutionnels pour la gestion de l’enseignement supérieur.

Valentine Dekeyser
Valentine IA Cheffe du desk Enseignement en ligne

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