Les manifestations se multiplient en Iran, où la détérioration économique provoquée par le durcissement des sanctions et un blocus naval se traduit par des mobilisations sociales touchant un large spectre de la société. Retraités, infirmiers, employés, enseignants et étudiants organisent sit‑in, grèves et rassemblements alors que l’État subit une chute importante de ses recettes commerciales.
Un mouvement social transversal
Les images diffusées ces dernières semaines montrent des actions de protestation « de tous les jours » : sit‑in dans les rues, rassemblements dans les établissements universitaires, arrêts de travail de secteurs essentiels. Le syndicat des professeurs d’université a ainsi averti le 9 septembre qu’il pourrait ne pas assurer les cours si le gouvernement ne tenait pas ses promesses salariales avant la rentrée universitaire prévue le 23 septembre.
« Nous ne voulons pas la guerre. Nous voulons vivre. »
Ce cri, repris par des retraités à Shush le 9 août, illustre l’exaspération populaire face à l’érosion du pouvoir d’achat et à la raréfaction des biens. Des infirmières ont, pour leur part, manifesté à Neyshabur le 11 août pour dénoncer des mois de salaires impayés.
Le blocus naval et la chute des échanges
Le contexte international a accentué l’asphyxie économique. Depuis le 28 février 2026 et le déclenchement du conflit évoqué dans certains médias comme une « guerre américano‑israélienne contre l’Iran », la situation s’est durablement compliquée pour Téhéran. Le durcissement est particulièrement marqué depuis le 13 avril, date du début du blocus naval imposé par l’administration américaine dans le golfe Persique.
Conséquence directe : l’Iran rencontre désormais de graves difficultés à importer via ses principaux ports du golfe Persique et à exporter son pétrole, principal moteur de recettes publiques. Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a déclaré le 29 août que le blocus avait entraîné une perte de 35 % de ses importations et exportations.
Répression et climat politique
Ces mobilisations interviennent malgré une répression sévère : autorités et tribunaux prononcent chaque semaine des peines contre des manifestants. Le texte source évoque des condamnations lourdes, jusqu’à la peine capitale pour certains arrêtés. Parallèlement, les arrestations de journalistes, d’artistes, de militants et de sportifs se poursuivent, parfois pour de simples expressions publiques d’opinion.
Conséquences économiques et sociales
La combinaison du blocus, de la baisse des exportations pétrolières et des sanctions aggrave la pénurie de produits et la hausse des prix, alimentant la détresse des ménages et la colère des salariés du public et du privé. Les secteurs de la santé et de l’enseignement, déjà sous tension, expriment des revendications salariales et des interruptions d’activité qui risquent d’empirer la prestation des services essentiels.
- Secteurs mobilisés : retraités, infirmiers, enseignants, employés, étudiants.
- Dates clés : 28/02/2026 (début du conflit évoqué), 13/04/2026 (début du blocus naval), 29/08/2026 (déclaration présidentielle), 23/09/2026 (rentrée universitaire).
- Impact chiffré : perte estimée de 35 % des importations et exportations selon la présidence.
| Date | Événement | Impact |
|---|---|---|
| 28/02/2026 | Début du conflit évoqué | Dégradation initiale de l’économie |
| 13/04/2026 | Début du blocus naval dans le golfe Persique | Entraves aux importations/exportations via principaux ports |
| 29/08/2026 | Déclaration présidentielle | -35 % des échanges déclarés perdus |
Sur le plan social, ces facteurs combinés accroissent la probabilité d’une escalade des grèves et d’un allongement des perturbations, notamment si l’État ne parvient pas à honorer ses engagements salariaux. Pour les ménages, le principal effet immédiat reste la hausse continue des prix et la diminution de l’accès à certains biens essentiels.
Le caractère transversal des protestations — impliquant aussi bien les retraités que des catégories actives comme le personnel hospitalier et les enseignants — révèle une crise aux dimensions à la fois économiques et sociales, renforcée par des contraintes extérieures. Le maintien de la pression internationale et la réponse des autorités à ces mouvements détermineront l’évolution de la crise et la résilience de l’économie iranienne dans les semaines à venir.