Le ministère de l’économie alerte : en l’absence de nouvelles mesures d’adaptation et de réduction des émissions de gaz à effet de serre, le produit intérieur brut (PIB) de la France pourrait être réduit de 3,6 % en 2050. La direction générale du Trésor établit également que ce scénario s’accompagnerait d’une dégradation des comptes publics évaluée à +1,8 point de PIB à la même échéance.
Des projections ancrées dans les scénarios internationaux
La note présentée vendredi par le ministre Roland Lescure s’appuie sur les travaux du NGFS (Network for Greening the Financial System), le réseau international qui fournit des scénarios climatiques de référence pour les banques centrales et les superviseurs. Le document précise que l’ampleur des dommages évitables dépendra, au-delà de la trajectoire climatique, des « technologies disponibles » et des « choix sociétaux », par exemple les règles d’urbanisme limitant la construction en zone inondable.
« L’inaction n’est pas une option. Ne pas s’adapter a un coût, mais c’est aussi une opportunité économique et un enjeu de souveraineté »
Ces mots, prononcés par le ministre lors de la présentation, traduisent l’objectif affiché : engager des travaux pour transformer le risque en opportunité industrielle et économique.
Conséquences pour les finances publiques et l’économie réelle
Selon le Trésor, l’impact macroéconomique du dérèglement climatique se traduit non seulement par une perte de production, mais aussi par une pression accrue sur les déficits publics. La dégradation prévue de 1,8 point de PIB implique des tensions supplémentaires sur le budget de l’État, en particulier si aucune mesure structurelle n’est mise en œuvre pour compenser les coûts liés aux dommages climatiques et aux besoins d’adaptation.
Pour les ménages et les indépendants, ces résultats suggèrent des effets indirects concrets : hausse potentielle des coûts liés aux sinistres climatiques (assurances, réparations), pressions sur l’emploi dans certains secteurs vulnérables, et possibles ajustements fiscaux ou dépenses publiques restreintes pour absorber le surcoût budgétaire. Le document rappelle toutefois que des mesures d’adaptation peuvent réduire considérablement ces dommages.
- Impact annoncé : -3,6 % de PIB en 2050 en scénario d’inaction.
- Effet sur les comptes publics : +1,8 point de PIB de déficit en 2050.
- Facteurs atténuants : disponibilité des technologies et décisions d’aménagement (urbanisme, construction).
| Échéance | PIB | Solde public |
|---|---|---|
| 2050 | -3,6 % (scénario inaction) | +1,8 point de PIB de déficit |
Des groupes de travail lancés
Suite à la présentation, le ministre a indiqué avoir lancé des groupes de travail consacrés au financement de l’adaptation et au rôle des entreprises. L’objectif est d’accélérer l’identification de mesures concrètes et de dispositifs qui soutiennent la transition et la résilience des secteurs exposés.
La note du Trésor invite à ne pas réduire la question à un enjeu purement environnemental : elle la positionne aussi comme une donnée économique et stratégique. Les choix de politique publique — normes de construction, investissements dans les technologies d’adaptation, mécanismes d’assurance et dispositifs de soutien aux entreprises — détermineront la part des dommages qui pourra être évitée.
En l’état, le chiffrage du ministère offre un signal fort aux autorités françaises : l’inaction coûtera cher, tant en termes de production que de soutenabilité budgétaire, tandis que l’effort d’adaptation ouvre des marges d’action pour limiter l’impact et développer des filières nouvelles.