L’Université ouverte indonésienne UT a signé, le 10 août 2026 à Jakarta, un protocole d’accord avec la confédération syndicale KSPSI visant à permettre aux travailleurs de convertir leurs expériences professionnelles antérieures en crédits académiques (units de crédit semestrielles ou SKS). La mesure, présentée comme une voie d’accès accélérée aux diplômes supérieurs, a été officialisée en présence du ministre de l’Enseignement supérieur, des Sciences et de la Technologie, Brian Yuliarto, du recteur d’UT Ali Muktiyanto et du président de KSPSI Jumhur Hidayat.
Reconnaissance des acquis et réduction de la durée d’études
Le mécanisme retenu repose sur la reconnaissance de l’apprentissage préalable (RPL) : les expériences d’emploi et les compétences acquises sur le terrain peuvent être évaluées et reconnues comme faisant partie de la charge d’enseignement d’un cursus universitaire. Selon les acteurs du dossier, ce dispositif permettrait d’abréger la durée des études pour les travailleurs engagés.
« Avec cette collaboration, les expériences passées d’apprentissage des travailleurs peuvent aussi accélérer la fin des études. Par exemple, ce qui devrait prendre quatre ans peut prendre seulement trois ans »,
a indiqué le ministre Brian Yuliarto lors de la signature. Le texte ne détaille pas le nombre exact de SKS qui pourront être attribués ni les critères précis d’évaluation, mais il met en place un cadre formel reconnaissant la valeur pédagogique des parcours professionnels.
Public cible et conditions financières
Si l’accord est signé entre l’UT et la confédération KSPSI, ses bénéfices ne sont pas exclusifs aux seuls syndiqués : le programme est aussi ouvert aux travailleurs d’autres confédérations et fédérations. Le recteur d’UT a précisé que l’université envisageait également d’appliquer des tarifs de scolarité spécifiques aux participants issus de groupes de travailleurs organisés.
- Ouverture à plusieurs confédérations : pas de restriction aux seuls membres de la KSPSI.
- Utilisation de la reconnaissance des acquis (RPL) pour valider des SKS.
- Possibilité annoncée de réductions de frais de scolarité pour les travailleurs inscrits via ce dispositif.
Ali Muktiyanto a évoqué la mise en place de remises spéciales pour ces étudiants, sans pour autant préciser les montants ou la mécanique d’attribution. Les modalités financières et administratives demanderont donc des précisions complémentaires avant mise en œuvre opérationnelle.
Enjeux et conséquences
Ce type d’initiative s’inscrit dans une tendance mondiale qui valorise la formation tout au long de la vie et la mobilité des compétences entre monde du travail et enseignement supérieur. Pour les travailleurs, la validation d’acquis peut réduire l’investissement en temps et en coûts pour obtenir un diplôme ; pour les employeurs et l’économie, elle peut contribuer à une main-d’œuvre mieux formée et formalisée.
Cependant, plusieurs questions demeurent ouvertes et devront être réglées par les parties :
- Les critères d’évaluation des expériences professionnelles et la méthodologie d’attribution des SKS;
- Le nombre maximal de crédits susceptibles d’être reconnus pour un cursus donné;
- La transparence et l’accessibilité des remises de scolarité annoncées.
| Élément | État actuel |
|---|---|
| Date de signature | 10 août 2026 |
| Principaux signataires | UT (Ali Muktiyanto) et KSPSI (Jumhur Hidayat) |
| Objectif | Reconnaissance de l’expérience en SKS et facilitation des études |
En l’absence de précisions chiffrées et de procédures publiées, l’ampleur réelle de l’effet attendu — notamment sur la durée moyenne des cursus et sur l’égalité d’accès — reste difficile à mesurer. Les prochaines étapes consisteront à définir les référentiels d’évaluation et à communiquer clairement les modalités d’application aux travailleurs, aux employeurs et aux établissements d’enseignement supérieur concernés.
À l’échelle belge, ce type d’initiative pose des questions analogues autour de la reconnaissance des apprentissages non formels et de la flexibilité des parcours. Mais, pour l’heure, l’accord signé à Jakarta constitue une avancée notable dans le paysage indonésien, en liant explicitement mouvements syndicaux et établissement d’enseignement pour faciliter la progression éducative des travailleurs.