Un repère arlonais mutilé en plein centre-ville
La place devant l'hôtel de ville d'Arlon a été le théâtre, dans la nuit de mercredi à jeudi selon les premières évaluations, d'un acte de vandalisme affectant l'un des monuments les plus reconnaissables de la commune. La sculpture du « Jass » – ce fantassin belge commemorant les soldats de la Première Guerre mondiale – a perdu deux de ses éléments : le canon et la baïonnette.
Sur la statue, il ne reste plus que la crosse du fusil. Les services communaux ont constaté les dégâts et déposé plainte. La police a été alertée, et une enquête est ouverte, même si, dans un premier temps, les caméras situées à proximité n'apporteraient pas d'éléments exploitables.
« On ne sait pas ce qui est arrivé ! Cela date sans doute de la nuit de mercredi. La police a été avertie, on a porté plainte comme d'habitude. C'est quand même particulier. Est-ce que quelqu'un a voulu grimper et l'a cassée ? »
Cette déclaration, communiquée par Anne Lamesh, échevine du patrimoine, traduit l'incompréhension et la frustration des services communaux face à un acte touchant un pan de la mémoire collective arlonaise.
Un symbole historique et des repères rétablis
Le Jass n'est pas une petite statuette anonyme : il s'agit d'une sculpture d'environ 2,5 mètres représentant un fantassin belge de 1914-1918, fusil à la baïonnette, dans une pose revancharde typique des monuments commémoratifs de l'entre-deux-guerres. L'œuvre est signée de l'artiste arlonais Jean‑Marie Gaspar et avait été dévoilée le 3 octobre 1920, en présence du ministre Jules Destrée.
La statue a, au fil du temps, conservé une place importante dans la mémoire locale. Un article de 2010 rappelait que la cérémonie de 1920 réunissait la population et rendait hommage aux combattants, aux déportés et aux fusillés arlonais :
| Élément | Information |
|---|---|
| Sculpteur | Jean‑Marie Gaspar |
| Hauteur | ~2,5 m |
| Date d'inauguration | 3 octobre 1920 |
| Éléments désormais manquants | Canon et baïonnette |
Ce que l'on sait et ce qui reste à établir
- La dégradation a été constatée récemment, vraisemblablement après la nuit de mercredi.
- La commune a porté plainte et la zone de police est saisie de l'enquête.
- Les caméras alentour ne donnent, pour l'instant, aucun élément probant selon les premières vérifications.
Les services communaux restent prudents quant à l'origine des faits : blague qui a mal tourné, acte volontaire isolé ou conséquence d'une tentative d'escalade du monument sont envisagés. La procédure judiciaire devra déterminer les circonstances exactes et, le cas échéant, rechercher les responsables.
Pour les Arlonnais, la mutilation du Jass est plus qu'un dommage matériel : c'est une atteinte à un symbole de mémoire posé depuis près d'un siècle face à l'hôtel de ville. La restauration et la sécurité du monument feront très probablement l'objet d'un suivi de la part des autorités communales dans les prochains jours.
La population et les visiteurs du centre-ville ont pu constater ce matin l'absence des attributs et nombre d'habitants ont exprimé leur étonnement devant ce geste. Les services de la commune indiquent qu'ils informeront la population dès qu'ils disposeront d'éléments nouveaux sur l'avancement de l'enquête.