Multiplication des intrusions et des incendies dans le sud de Bruxelles
La série d'incidents qui frappe le quartier Bréart à Saint‑Gilles suscite émoi et inquiétude dans plusieurs communes voisines de la capitale. Eric Ribeiro, gérant du bar à vin Gamin !, a annoncé qu'il mettait fin à son activité après une succession de tentatives de cambriolage et d'actes de délinquance. Les faits rapportés montrent un mode opératoire répétitif et organisé, selon le témoignage recueilli.
Le 7 août dernier, Eric Ribeiro dit avoir surpris un cambrioleur dans son habitation et l'avoir poursuivi en vain. « Je me suis mis à sa poursuite, en vain. Il est parti avec les deux clés de notre voiture. Vers 4h, deux autres individus sont venus et ont tenté de s'emparer de la voiture mais sont partis en me voyant. Rebelotte à 7h30 avec encore deux autres jeunes. »
« J'attends un enfant en janvier prochain et je n'ai pas envie de l'élever dans pareil environnement. »
Des interpellations, des remises en liberté et une impression d'impunité
Les autorités de police ont procédé à des interpellations : l'auteur du cambriolage initial a été arrêté puis relâché environ cinq heures après sa garde à vue. Un incident ultérieur, où le même individu a été surpris en train d'essayer d'entrer dans une autre maison, a donné lieu à une nouvelle arrestation puis à une remise en liberté peu après. Ces relâchements répétés alimentent le désarroi des commerçants concernés.
Parallèlement, la commune a enregistré des incendies volontaires ciblant des véhicules. Ce mardi, deux voitures ont été incendiées dans la rue Vanderschrick, s'ajoutant à d'autres véhicules récemment endommagés. Le bourgmestre de Saint‑Gilles, cité dans les informations locales, a exprimé son désarroi face à cette situation.
Un mode opératoire et une organisation présumée
Selon les constats rapportés par le gérant et les forces de l'ordre, la bande suspectée agirait selon une division des tâches : certains, consommateurs de stupéfiants, commettraient des vols dans les commerces et habitations pour se procurer des biens à receler ; d'autres, plus aguerris, se chargeraient de la récupération et du vol de véhicules.
- Mode d'entrée courant : effraction par les soupiraux pour vider les caves.
- Cible : commerces, habitations et véhicules en stationnement.
- Conséquence : fermeture administrative ou volontaire d'établissements et sentiment d'insécurité parmi les riverains.
Le bar situé en vis‑à‑vis aurait déjà été victime, l'an passé, d'un cambriolage ayant entraîné un préjudice estimé à 20 000 €, selon le témoignage recueilli auprès de la victime actuelle. La police affirme chercher à identifier « la tête » du réseau présumé afin de démanteler l'organisation.
Chronologie synthétique des faits
| Date | Événement |
|---|---|
| 7 août | Intrusion dans l'habitation du gérant, poursuite du suspect, vol des clés du véhicule |
| Jours suivants | Tentatives de vol de véhicule à 4h et 7h30, tentatives d'effraction répétées |
| Mardi (semaine suivante) | Deux véhicules incendiés dans la rue Vanderschrick |
| Année précédente | Cambriolage d'un bar voisin, butin déclaré ~ 20 000 € |
Les autorités de police indiquent que certains auteurs ont été identifiés et que deux individus ont déjà été appréhendés. Toutefois, les remises en liberté rapides et la persistance des actes posent la question de l'efficacité des réponses judiciaires et policières aux yeux des commerçants et des habitants.
Conséquences locales et attentes
Face à cette flambée d'incidents, les commerçants évoquent des décisions difficiles : fermeture anticipée, renforcement des dispositifs de sécurité ou cessation d'activité. Pour les riverains, la multiplication des vols par effraction et des incendies de véhicules renforce un sentiment d'insécurité qui dépasse les limites communales de Saint‑Gilles et préoccupe les communes voisines de la Région bruxelloise.
Les services de police poursuivent leurs investigations afin d'établir les responsabilités et de remonter les filières de recel. Le bon déroulement de ces enquêtes et la suite donnée par le parquet seront scrutés par les victimes et les élus locaux dans les jours à venir.