Le ministère fédéral de l'Économie en Allemagne a annoncé qu'il ne remettra pas, dans les délais initialement prévus, un rapport déterminant sur la sortie du charbon en Rhénanie‑du‑Nord‑Westphalie, programmée pour 2030. Le document, attendu pour le 15 août, nécessitera un délai supplémentaire afin d’intégrer les analyses liées aux appels d’offres à venir, a expliqué le ministère dans une réponse à la Deutsche Presse‑Agentur.
Un report lié aux appels d’offres et à l’évaluation des capacités
La loi allemande sur l’arrêt de la production d’électricité au charbon impose au gouvernement d’examiner périodiquement les conséquences de cette sortie, notamment en matière de sécurité d’approvisionnement et d’évolution des prix de l’électricité. Le ministère justifie le report par la volonté d’attendre les résultats des cycles d’appels d’offres prévus cette année, « afin de pouvoir réaliser une analyse aussi réaliste et fiable que possible, en particulier de la sécurité d’approvisionnement pour la période postérieure à 2031 ». Selon le ministère, le rapport sera présenté « dans les meilleurs délais après l'achèvement des analyses prévues ».
« Le ministère fédéral de l'Économie et de l'Énergie présentera le rapport dès que possible après la conclusion des analyses prévues. »
Ces appels d’offres visent notamment à définir les capacités nécessaires pour accompagner l’abandon du charbon et compenser les fermetures programmées. Le plan prévoit la construction de centrales à gaz totalisant 11 gigawatts de nouvelles capacités, destinées à être raccordées au réseau au plus tard fin 2031. À terme, ces installations doivent pouvoir fonctionner sans émissions nettes de CO2 grâce à l’utilisation d’hydrogène, objectif fixé pour 2045.
Pourquoi le report intéresse la Belgique
La Rhénanie‑du‑Nord‑Westphalie est un important nœud industriel et énergétique à la frontière de plusieurs pays européens. Le report du rapport allemand suscite des interrogations sur la visibilité des marchés et sur la planification des capacités de réserve dans la région. Pour la Belgique, fortement interconnectée au réseau électrique européen, les implications sont concrètes :
- incertitude sur l’effet des fermetures de centrales au charbon sur l’équilibre offre‑demande à court et moyen terme ;
- possibles pressions à la hausse sur les prix de l’électricité si des capacités de remplacement fiables ne sont pas clairement planifiées ;
- enjeux pour la coordination transfrontalière des appels d’offres et des infrastructures de transport d’énergie, notamment pour le gaz et l’hydrogène à l’avenir.
Le ministère allemand souligne qu’il veut intégrer les résultats des appels d’offres afin d’évaluer plus finement la « sécurité d’approvisionnement pour la période postérieure à 2031 ». Ce calendrier est important : la mise en service des nouvelles capacités à gaz, programmée d’ici fin 2031, conditionnera en grande partie la capacité de l’Allemagne à compenser l’arrêt du charbon sans créer de déséquilibres durables sur les marchés régionaux.
| Échéance / chiffre | Contenu |
|---|---|
| 15 août | Date initiale de remise du rapport (maintenant reportée) |
| 2030 | Objectif d’arrêt de l’extraction de lignite en Rhénanie‑du‑Nord‑Westphalie |
| 11 GW | Capacité de nouvelles centrales à gaz programmées d’ici fin 2031 |
| 2045 | Horizon visant à rendre ces centrales climatiquement neutres via l’hydrogène |
Conséquences pour les ménages et entreprises
Sans nouvelles analyses publiques, les acteurs du marché et les autorités voisines disposent d’une visibilité moindre pour anticiper l’évolution des prix et planifier des mesures d’atténuation. Pour les ménages et les entreprises belges, cela peut se traduire par :
- une volatilité accrue des prix de l’électricité sur les marchés de gros si des capacités de remplacement ne sont pas assurées ;
- la nécessité de renforcer la coopération régionale sur la gestion des capacités de production et des infrastructures gazières et hydrogène ;
- un besoin de transparence sur les calendriers d’appels d’offres afin de maîtriser les coûts de transition énergétique.
Le gouvernement allemand justifie son choix par la recherche d’analyses « réalistes et fiables ». Reste à voir si le délai supplémentaire permettra d’éclairer suffisamment tôt les marchés et les partenaires européens pour éviter des tensions sur l’approvisionnement et les prix au cours des prochaines années.