L’Agence internationale de l’énergie (AIE) dresse un bilan encourageant de l’électrification du parc automobile : en 2025, les véhicules électriques ont permis d’éviter la consommation de 1,7 million de barils de pétrole par jour, contre seulement 0,4 million en 2020. L’institution anticipe une accélération : l’électrification routière pourrait réduire la demande pétrolière mondiale de 10 millions de barils par jour en 2035.
La Chine, moteur majeur des économies de pétrole
La Chine apparaît comme le principal contributeur à cette dynamique. En 2025, le pays concentre environ 1 million des barils évités quotidiennement. Selon l’AIE, la progression se poursuivra : la Chine devrait atteindre 2,7 millions de barils évités par jour en 2030, puis plus de 4 millions en 2035 — soit près de la moitié de l’économie mondiale attendue pour cette année-là.
Quels segments pèsent le plus ?
Le rapport souligne que ce sont principalement les voitures particulières électriques qui expliquent l’essentiel des économies de pétrole : environ 80 % de la diminution annuelle provient des véhicules de particuliers. Les véhicules utilitaires lourds commencent aussi à jouer un rôle : en Chine, les camions électriques représentent déjà plus de 10 % de la réduction totale réalisée par le pays.
- 2020 : 0,4 million de barils/j évités
- 2025 : 1,7 million de barils/j évités
- 2030 (projection) : forte hausse, notamment portée par la Chine (2,7 millions pour la Chine)
- 2035 (projection) : jusqu’à 10 millions de barils/j évités au niveau mondial
| Année | Économie mondiale (barils/j) | Partie attribuée à la Chine (barils/j) |
|---|---|---|
| 2020 | 0,4 million | — |
| 2025 | 1,7 million | ~1 million |
| 2035 (projection) | 10 millions | >4 millions |
Conséquences économiques et implications pour la Belgique
Pour les économies européennes, la montée en puissance des véhicules électriques entraîne plusieurs effets concrets. À court et moyen terme, une baisse durable de la demande pétrolière peut peser sur les cours à l’exportation et affecter la rentabilité des raffineries et des activités liées aux carburants fossiles. À plus long terme, cela invite à repenser les recettes fiscales dépendant des taxes sur les carburants et à anticiper des besoins accrus en énergie électrique et en infrastructures de recharge.
Sur le plan industriel et de l’emploi, la transition crée des opportunités — fabrication de batteries, services liés à la recharge, recyclage — mais elle exige des investissements et une adaptation des filières. Les pouvoirs publics devront aussi concilier objectifs climatiques, sécurité d’approvisionnement électrique et équité pour les ménages et les indépendants dont la mobilité constitue un poste de dépense important.
Enfin, la rapidité de la transition variera selon les territoires. L’exemple de l’Éthiopie cité par l’AIE illustre des stratégies radicales : en 2024, le pays a interdit l’importation de voitures thermiques pour alléger sa facture pétrolière, laquelle avait dépassé 4 milliards de dollars en 2022. Ce type de décision témoigne de la diversité des réponses nationales face au même impératif — réduire la dépendance aux importations d’hydrocarbures.
Pour la Belgique, le défi est double : accompagner l’adoption des véhicules électriques (accessibilité, infrastructures, fiscalité) tout en adaptant les politiques énergétiques et industrielles à un monde où la demande pétrolière pourrait se contracter sensiblement d’ici 2035. Les prévisions de l’AIE confirment que l’électrification du parc routier est désormais un facteur structurant des marchés de l’énergie.