Le dollar évoluait sans direction nette lundi, les investisseurs prenant position en vue de la parution mercredi de l’indice des prix à la consommation (IPC) américain pour juillet, tandis que le yen a connu une nette dépréciation, repassant à 159,10 yens pour un dollar.
Attentisme avant l’IPC américain
Vers 13 h 45, le billet vert s’échangeait à 1,1546 $US pour un euro, en légère hausse de 0,12 % sur la monnaie unique européenne, et à 1,3511 $US pour une livre sterling, en recul de 0,13 %.
Les cambistes ont les yeux rivés sur la publication des chiffres d’inflation mensuelle aux États-Unis. Un ralentissement de l’IPC, anticipé par certains intervenants, affaiblirait l’argument en faveur d’un resserrement monétaire agressif et pourrait conforter l’idée que la Réserve fédérale (Fed) peut adopter une attitude plus patiente sur les taux.
« Tous les regards sont tournés vers la publication mercredi de l’indice des prix à la consommation (CPI) pour le mois de juillet », souligne Elias Haddad.
Pour Daniela Hathorn, analyste chez Capital.com, si l’inflation montre un léger tassement, cela « renforcerait l’idée que la Fed peut se permettre de rester patiente ». Le double mandat de la Fed — viser le plein emploi et modérer la hausse des prix — explique la sensibilité des marchés à ces données.
Yen: facteurs structurels et choc de trésorerie
Le yen a perdu 0,87 % face au dollar, atteignant 159,10. Les analystes de Scotiabank relèvent que les raisons exactes de cette nouvelle poussée baissière ne sont pas toutes identifiées, mais plusieurs éléments macroéconomiques pèsent clairement sur la devise nippone.
- Un déficit courant inattendu au Japon en juin — signe que le pays a dépensé plus à l’étranger qu’il n’a gagné — exerce une pression sur la monnaie;
- Les inquiétudes persistantes sur la trajectoire budgétaire d’un Japon fortement endetté renforcent la fragilité du yen;
- La hausse de la facture énergétique, liée à une forte dépendance aux importations d’hydrocarbures, alourdit la balance des paiements.
Ces facteurs expliquent en partie la dépréciation continue du yen observée ces dernières semaines. Début août, une intervention conjointe des autorités américaines et japonaises avait déjà tenté de soutenir la devise, sans pour l’heure inverser durablement la tendance, alors que le yen a touché un plus bas d’environ quarante ans.
Conséquences pour l’Europe et la Belgique
Pour les entreprises belges, ces mouvements de change ont des implications concrètes. Un dollar ferme face à l’euro renchérit les importations libellées en dollars mais soutient les exportations vers les États-Unis. À l’inverse, la faiblesse du yen peut rendre les produits japonais plus compétitifs sur le marché européen, pesant sur certains secteurs industriels.
La publication de l’IPC américain sera donc scrutée non seulement par les marchés de change mais aussi par les acteurs économiques belges, qui ajustent prix, contrats et couvertures de change en fonction des anticipations de politique monétaire américaine.
| Devise | Cours cité | Variation approximative |
|---|---|---|
| EUR/USD | 1,1546 | +0,12 % |
| GBP/USD | 1,3511 | -0,13 % |
| JPY/USD | 159,10 | -0,87 % vs USD |
En attendant les données américaines, les marchés devraient rester volatils mais prudents, avec un impact potentiel sur les décisions des entreprises et des investisseurs en Belgique, notamment en matière de gestion du risque de change et de planification des importations/exportations.