À l’Université de Liège, des élèves qui s’apprêtent à entamer leurs études supérieures suivent, avant la rentrée, des cours préparatoires destinés à atténuer les effets d’une fin de secondaire perturbée. L’initiative vise à repositionner le rythme scolaire, consolider quelques compétences de base et offrir un premier contact avec l’environnement universitaire.
Une période de remise en selle
Parmi les participants d’une session estivale, une quinzaine d’élèves travaillent notamment la langue anglaise et un réapprentissage du rythme scolaire. Pour beaucoup, l’objectif est aussi psychologique : reprendre l’habitude des obligations et des horaires avant d’affronter les exigences de l’université. « Je dois remettre mon réveil... vraiment, c’est horrible », confie Ella, 17 ans, future étudiante en psychologie, illustrant de façon légère mais parlante la rupture souvent provoquée par les vacances longues ou des interruptions d’enseignement.
La situation est parfois plus grave : Mina, 17 ans et future étudiante en droit, raconte avoir passé «
cinq mois sans avoir cours, sans passer aucune épreuve du CESS». Elle souligne que cette période d’inactivité n’a pas préparé les élèves à l’entrée à l’université. Pour ces jeunes, la session préparatoire apparaît comme une opportunité concrète de réduire l’écart entre la fin du secondaire et la rentrée universitaire.
Motivations variées et encadrement
Les profils des inscrits sont hétérogènes. Certains, comme Nathan, 18 ans et futur étudiant en sciences géologiques, sont motivés par un choix personnel renforcé par l’encouragement familial : « Mes parents sont beaucoup derrière moi, mais je voulais m’inscrire aux cours. J’en suis d’ailleurs plusieurs. »
Du côté des intervenants, la professeure d’anglais à l’Institut des langues vivantes de l’ULiège, Laurence Messina, se félicite de l’engagement des participants. Elle relate qu’elle leur a proposé des devoirs, auxquels les élèves ont répondu positivement : « Je leur ai demandé si je pouvais leur donner des devoirs. Et ils m'ont répondu: Oui, oui, oui ! C'est un peu le monde à l'envers ». Cette réceptivité témoigne d’une demande réelle pour des dispositifs d’accompagnement, même courts.
Des sessions accessibles mais concentrées
Le format proposé par l’Université est plutôt condensé : ces cours préparatoires se déroulent sur une période courte, avec un coût modeste pour les familles. Chaque année, environ 1 000 élèves suivent ces formations à l’ULiège. Le tarif annoncé pour l’une des sessions est de 40 € pour deux semaines. Cette organisation vise à proposer une solution pragmatique et abordable, qui permette à un grand nombre d’étudiants d’en bénéficier sans coût prohibitif.
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Durée d'une session mentionnée | Deux semaines |
| Coût | 40 € |
| Participants annuels approximatifs | 1 000 élèves |
| Taille d'une classe citée | Une quinzaine d'élèves |
Enjeux et perspectives
- Assurer une transition plus douce entre secondaire et supérieur, notamment pour les élèves dont la fin d’année a été interrompue.
- Permettre un réapprentissage du rythme universitaire et renforcer des compétences, en particulier linguistiques.
- Offrir une solution accessible financièrement, pour limiter les inégalités d’accès à ce type d’accompagnement.
Si ces sessions préparatoires répondent à une demande manifeste, elles soulèvent aussi la question plus large de la préparation initiale à l’enseignement supérieur. Les témoignages recueillis—d’élèves inquiets et d’enseignants encourageants—mettent en évidence un besoin de dispositifs complémentaires, parfois courts et ciblés, pour accompagner la transition et réduire les ruptures d’apprentissage provoquées par des périodes d’absence ou des bouleversements des calendriers scolaires.
À l’ULiège, la formule reste pour l’instant pragmatique et largement participative : un petit investissement en temps et en argent pour tenter d’éviter que la première année universitaire ne commence déjà sur un retard difficile à combler.