Christophe Champod, récemment élu recteur de l'Université de Lausanne (UNIL) pour un mandat de cinq ans, a identifié la gestion de l'intelligence artificielle comme la principale priorité de son mandat. Intervenu dans l'émission La Matinale de la RTS, le nouveau recteur, qui a exercé pendant vingt ans comme professeur en sciences forensiques, a estimé que la réponse à cet enjeu doit se faire « à l'échelle de toute l'institution ».
Une gouvernance globale pour une technologie omniprésente
Pour Christophe Champod, l'IA n'est pas un problème ponctuel cantonné à quelques départements : elle traverse la recherche, l'enseignement et la relation entre les étudiants et l'institution. Selon lui, l'objectif est de mettre en place une « IA responsable » et des modalités permettant à l'université de reprendre la main sur des usages qui suscitent parfois de l'inquiétude chez les étudiants.
« Ce que l'on cherche à mettre en œuvre, c'est une IA responsable, une IA sur laquelle on arrive à reprendre la main. »
Le recteur évoque aussi une forme d'« IA-anxiété » parmi la population estudiantine : une interrogation sur la place de l'humain dans la production et la structuration des savoirs, quand des outils techniques peuvent donner l'illusion de les remplacer. Cette question, souligne-t-il, appelle des réponses pédagogiques et institutionnelles.
Intégrer l'IA dans la formation : un changement pédagogique nécessaire
Christophe Champod estime que l'université doit offrir des changements pédagogiques afin d'« intégrer les outils d'intelligence artificielle » dans les parcours étudiants. Il présente l'adaptation des formations comme une réponse à la double urgence : calmer l'anxiété des étudiants et préparer des diplômés capables d'utiliser ces technologies de manière critique et maîtrisée.
- Mandat : 5 ans à la tête de l'UNIL.
- Expérience : 20 ans comme professeur en sciences forensiques.
- Priorité identifiée : gestion et gouvernance de l'intelligence artificielle à l'échelle institutionnelle.
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Durée du mandat | 5 ans |
| Années en tant que professeur | 20 ans |
Le rectorat hérite ainsi d'un double défi : définir des règles institutionnelles entourant l'usage de l'IA et accompagner enseignants et étudiants dans des pratiques pédagogiques renouvelées. Le propos de M. Champod souligne la nécessité d'une stratégie transversale, impliquant tant les facultés que les services centraux de l'université.
Enjeux et conséquences pour l'enseignement supérieur
Les positions exprimées à l'UNIL s'inscrivent dans un débat plus large qui traverse les établissements d'enseignement supérieur en Europe : comment concilier innovation technologique et intégrité académique ? Comment former des professionnels aptes à évaluer et à utiliser des systèmes automatisés sans céder au fonctionnement supposément « magique » de certaines solutions ?
En pratique, les actions attendues peuvent aller de l'élaboration de chartes d'usage et de formation des enseignants à l'intégration explicite de compétences numériques dans les cursus. Elles impliquent aussi des choix sur la recherche : définir des priorités pour étudier l'impact de l'IA dans les disciplines concernées et pour développer des outils conformes aux valeurs académiques.
En ouvrant la discussion dès son entrée en fonction, le nouveau recteur place l'UNIL dans la trajectoire d'institutions qui souhaitent transformer l'outil en opportunité pédagogique plutôt qu'en simple contrainte réglementaire. Reste à savoir, pour la communauté universitaire, quelles mesures concrètes seront proposées et avec quel calendrier.