Fin accélérée des services de trottinettes en libre-service
À partir de ce 1er septembre, toutes les licences permettant l'exploitation de trottinettes électriques en libre-service sur le territoire des 19 communes de la Région de Bruxelles-Capitale ne sont plus valides. Lancés en 2018, ces services avaient rapidement proliféré dans la capitale avec l’arrivée de nombreux opérateurs privés.
La Région bruxelloise avait déjà décidé, en 2023, de restreindre la délivrance de licences à seulement trois opérateurs — Dott, Bolt et Voi — jugeant que le parc partagé était devenu trop encombrant. Cette décision a été contestée en justice par l’un des acteurs historiques, Lime, qui a saisi le Conseil d’État.
Une annulation qui pousse la date butoir en avant
Le Conseil d’État a finalement annulé, il y a un peu plus d’un mois, l’ensemble des licences octroyées par la Région. Pour se conformer à cette décision, Bruxelles Mobilité a avancé la date d’arrêt effectif des services au 1er septembre, soit bien plus tôt que la date initiale annoncée (1er janvier 2027).
Conséquences pour les opérateurs et les usagers
- Les opérateurs de trottinettes partagées doivent retirer immédiatement leurs engins de la voie publique.
- Les usagers équipés de comptes auprès de ces services devront suivre les communications des entreprises pour des modalités de remboursement ou transfert éventuel.
- La gestion des zones de dépôt et des appareils abandonnés est désormais une question opérationnelle pour les communes et Bruxelles Mobilité.
Parmi les sociétés qui avaient investi le marché bruxellois figurent Troty, Bird, Lime, Dott, Tier, Circ, Hive, Wind et Poppy. La mesure affecte directement l’écosystème des micro‑mobilités, mais pas uniquement : la Région a dû prévoir des solutions pour éviter une disparition simultanée de l’offre partagée de cycles.
Un filet de sécurité pour les vélos partagés
Initialement, la décision d’annuler toutes les licences risquait d’emporter avec elle aussi les services de vélos partagés soumis aux mêmes autorisations, hormis Villo!. Face aux conséquences pratiques, le ministre‑président bruxellois Boris Dilliès (MR) et la ministre régionale de la Mobilité Elke Van den Brandt (Groen) ont présenté un dispositif transitoire destiné à préserver une offre cyclable partagée.
Ce régime transitoire, négocié avec les opérateurs, est prévu jusqu’en mai 2028. Il permettra d’assurer l’accessibilité à des vélos partagés après le 1er septembre et ouvrira la porte à de nouveaux candidats. Pour limiter les risques de saturation des dropzones (zones de dépôt obligatoires), le nombre d’engins par opérateur sera plafonné à 2.500 vélos.
| Élément | Chiffre ou détail |
|---|---|
| Date d'entrée en vigueur de l'interdiction | 1er septembre |
| Nombre d'opérateurs initialement limités | 3 (Dott, Bolt, Voi) |
| Plafond de vélos par opérateur (transitoire) | 2.500 |
| Durée du régime transitoire | Jusqu'en mai 2028 |
Quelle suite pour la micro‑mobilité à Bruxelles ?
La Région annonce l'organisation d'une nouvelle procédure de mise en concurrence d’ici mai 2028. D'ici là, Bruxelles doit gérer un équilibre délicat : répondre aux plaintes des riverains sur l'encombrement et la sécurité, tout en garantissant une offre de mobilité partagée indispensable à nombre d'usagers et à la transition vers des déplacements moins motorisés.
Pour les communes, le retrait des trottinettes pose des questions pratiques : ramassage des appareils, signalement des engins hors service et coordination avec les opérateurs pour éviter des engorgements temporaires des services techniques. Pour les entreprises concernées, l'arrêt impose des réorganisations rapides, tandis que certains opérateurs pourraient engager des recours complémentaires ou des négociations pour préserver une activité réduite ou repensée.
En pratique — que faire si vous utilisez ces services ?
- Consulter les communications officielles de l'opérateur auprès duquel vous êtes inscrit pour connaître les modalités de remboursement éventuel ou de transfert de crédits.
- Signaler toute trottinette abandonnée via les canaux municipaux ou l’application de l’opérateur, si celle‑ci reste active pour la gestion du retrait.
- Prévoir des alternatives de déplacement : transports publics, Villo! ou autres services de mobilité partagée encore accessibles.
La décision du Conseil d’État et la réaction rapide de Bruxelles Mobilité témoignent d’un bras de fer juridique et politique autour de la régulation des nouveaux modes de déplacement en milieu urbain. D’ici l’ouverture d’une nouvelle mise en concurrence, la capitale devra jongler entre qualité de l’espace public, sécurité et accessibilité des options de mobilité pour ses habitants et visiteurs.
Reportage depuis Bruxelles — Correspondance WE NEWS