Une présence désormais collective dans les bois de la région verviétoise
La découverte, mercredi matin, d’un bélier reproducteur de 100 kg retrouvé mort à la Ferme de Thimister a ravivé l’inquiétude des éleveurs de la région. Selon le propriétaire, il s’agit d’une attaque de loup. Le dossier a été pris en main par le Département de la Nature et des Forêts (DNF), qui a effectué des prélèvements pour identification.
Le Service public de Wallonie (SPW) confirme en parallèle une évolution notable : il ne s’agit plus d’un individu isolé mais d’un couple et de leurs jeunes installés dans les massifs de la Louveterie et de la Gileppe, en région verviétoise. Le lieu exact de la tanière n’est pas identifié publiquement, et les louveteaux n’utilisent plus cet abri depuis leur naissance début mai.
Une recrudescence d’attaques qui touche plusieurs communes
Le SPW et le Réseau Loup pointeraient une hausse des attaques sur des troupeaux depuis le début de l’année 2026, accentuée ces dernières semaines. Outre Verviers, la présence du couple et des jeunes est ressentie dans plusieurs communes voisines :
- Verviers
- Dison
- Baelen
- Theux
- Thimister-Clermont
- Limbourg
- Jalhay
Des attaques ont déjà été constatées dans des exploitations comme la Fermette d’Heusy et, désormais, la Ferme de Thimister. Le propriétaire du bélier estime l’animal à 1 000 €. Le DNF a récupéré des prélèvements pour analyses afin de confirmer la nature et l’origine des blessures.
« Il faut faire le dos rond » — Alain Licoppe, responsable du Réseau Loup du SPW
Pourquoi une hausse des attaques maintenant ?
Le SPW explique que la naissance des jeunes cet été est en partie responsable de la recrudescence : les adultes, outre leurs besoins propres, doivent désormais nourrir leurs petits, ce qui augmente temporairement leurs besoins alimentaires et peut accroître les incursions près des élevages. Selon le Réseau Loup, ce phénomène est généralement transitoire : les jeunes rejoignent leur groupe familial puis quittent le territoire après environ un an et demi, et les attaques visant le petit bétail tendent à diminuer lors de la seconde année, quand les jeunes deviennent autonomes.
Conséquences pour les éleveurs et mesures envisagées
Sur le terrain, les éleveurs sont inquiets. Plusieurs d’entre eux ont rapporté une multiplication des incidents ces dernières semaines, certains mentionnant jusqu’à six attaques en un mois aux abords de Verviers. Les pertes de cheptel et les dégâts matériels pèsent sur des exploitations souvent déjà fragilisées.
| Élément | Information |
|---|---|
| Bélier retrouvé | 100 kg, valeur estimée : 1 000 € |
| Interventions | Prélèvements effectués par le DNF ; confirmation et suivi par le SPW |
| Zones concernées | Louveterie, Gileppe, Verviers et communes voisines |
Le SPW invite les éleveurs à se coordonner avec les services compétents pour renforcer la protection des troupeaux (surveillance, clôtures adaptées, parcs de mise à l’abri) et rappelle que la gestion d’espèces protégées comme le loup implique des mesures de prévention prioritaires. Les enquêtes en cours doivent permettre d’affiner le diagnostic et d’orienter les réponses adaptées au cas par cas.
Un enjeu local aux répercussions larges
À Verviers et dans les communes environnantes, la situation met en lumière le délicat équilibre entre la conservation de la faune sauvage et la protection des activités agricoles. Pour les éleveurs, chaque perte représente non seulement un préjudice financier mais aussi un stress supplémentaire dans une profession déjà soumise à de nombreuses contraintes.
Les analyses du DNF et les observations du Réseau Loup seront déterminantes pour préciser la nature exacte des attaques et décider des mesures à adopter. En attendant, les autorités et les acteurs locaux appellent à la vigilance et à la coopération afin de limiter les impacts sur le cheptel et d’assurer la sécurité des habitants et des animaux.