Une action organisée pour protéger un terril riche en biodiversité
Samedi, une soixantaine à une septantaine de personnes se sont rassemblées sur le terril de Trévieusart, à Charleroi, pour protester contre le projet d'implantation d'une centrale à béton sur une parcelle appartenant à la société VDRT (Bons Villers). L'action, organisée avec l'appui de l'association naturaliste Natagora, visait à montrer l'intérêt écologique du site et à alerter sur les nuisances possibles pour les riverains.
Des enjeux de biodiversité et de cadre de vie
Les participants ont mis en avant le recensement de plus de 500 espèces sur le terril, et ont pointé le risque encouru par certaines d'entre elles, notamment le crapaud calamite, si la centrale venait à s'implanter. Selon Natagora, l'arrivée d'une installation industrielle de ce type perturberait fortement les habitats présents et entraînerait des nuisances sonores, de la poussière et du trafic pour les habitants alentours.
« Le terril est un refuge pour la faune et la flore locales. Installer une centrale à béton ici serait économiquement court-termiste et écologiquement désastreux », a rappelé un représentant de Natagora lors de l'action.
Acteurs en présence et positions
Plusieurs acteurs sont impliqués dans ce dossier :
- VDRT (propriétaire du terrain) : a déjà réadapté son projet à trois reprises pour tenir compte de contraintes environnementales.
- Natagora : plaide pour la préservation du terril et travaille avec la Ville de Charleroi sur un projet de réserve naturelle situé à proximité immédiate.
- Les communes de la zone : les trois communes concernées soutiennent pour l'heure la démarche de Natagora.
Procédure administrative et échéances
L'enquête publique relative à la demande de permis est en cours et se termine le 31 août. La décision finale reviendra au fonctionnaire-délégué de la Région wallonne, qui statuera après examen des observations et des pièces du dossier.
| Élément | Information |
|---|---|
| Nombre de participants à l'action | ~70 |
| Espèces recensées sur le terril | Plus de 500 |
| Délais enquête publique | Jusqu'au 31 août |
Voies de résolution envisagées
Du côté des opposants, on évoque la possibilité d'un rachat par la Ville de Charleroi d'une partie de la parcelle détenue par VDRT afin d'y intégrer le site à la future réserve naturelle. Des discussions auraient été engagées pour proposer à VDRT un emplacement alternatif pour la construction de la centrale, mais rien de concret n'a encore été acté. Les promoteurs du projet affirment, eux, avoir déjà adapté leur dossier à trois reprises pour limiter l'impact environnemental.
Sur le terrain, la mobilisation citoyenne continue d'essayer de peser sur la décision administrative. Pour les riverains et les naturalistes qui se sont réunis samedi, l'enjeu dépasse la simple opposition à une infrastructure : il s'agit de préserver un corridor écologique et la qualité de vie d'un secteur de Charleroi où la nature a repris ses droits sur d'anciennes friches industrielles.
La suite du dossier dépendra désormais des contributions pendant l'enquête publique et de l'arbitrage du fonctionnaire-délégué. D'ici là, les voix favorables à la conservation du terril comptent rester mobilisées.