Le gouvernement vietnamien propose d'éliminer les frais de scolarité pour les élèves inscrits aux programmes d'enseignement secondaire professionnel, mesure qui doit entrer en vigueur à la rentrée 2026-2027, selon un projet de décret récemment publié par le ministère de l'Éducation et de la Formation.
Une mesure inscrite dans un projet de décret
Ce projet vise à actualiser et compléter le décret n° 238/2025/ND-CP du 3 septembre 2025, lequel encadre déjà les politiques relatives aux frais de scolarité, aux exonérations, aux réductions et au soutien des coûts d'apprentissage. L'une des dispositions phares du texte est l'exonération des frais pour les élèves des filières professionnelles du secondaire, une nouveauté liée à l'intégration de cette voie dans le système éducatif national.
Le ministère précise également des règles temporaires pour le calcul des plafonds des frais de scolarité applicables à l'année scolaire 2026-2027 dans les établissements publics qui ne couvrent pas encore l'ensemble de leurs dépenses de fonctionnement. Pour les établissements autofinancés ou gérés par des organisations économiques, le projet prévoit que le niveau maximum des frais ne pourra excéder 2,5 fois le plafond fixé pour les établissements publics non autosuffisants.
Quels enjeux pour les élèves et les établissements ?
La gratuité visée répond à plusieurs objectifs annoncés par l'exécutif : faciliter l'accès à la formation professionnelle pour les jeunes, encourager l'orientation vers des filières techniques et réduire les barrières financières pour les familles. Ce dispositif s'inscrit aussi dans une logique de redéploiement des priorités éducatives, alors que la formation professionnelle occupe une place croissante dans les politiques de développement humain et économique.
- Pour les familles : une réduction immédiate du coût direct de la scolarité pour les élèves inscrits dans ces filières, allégeant le budget des ménages qui choisissent la voie professionnelle.
- Pour les établissements publics : une nécessité de clarification des mécanismes de financement, notamment pour les écoles qui ne sont pas encore autosuffisantes ; elles devront s'appuyer sur des soutiens publics pour compenser la perte potentielle de recettes.
- Pour les établissements autofinancés ou gérés par des entreprises : un encadrement strict du niveau de frais, limité à un multiple du plafond applicable dans le secteur public non autosuffisant.
Calendrier et ajustements futurs
Le projet indique que, dès l'année universitaire 2027-2028, les plafonds des frais de scolarité seront révisés en tenant compte des capacités financières des étudiants et des conditions socio-économiques. Toutefois, cette révision ne pourra excéder la variation de l'indice des prix à la consommation sur la même période, tel que publié par l'autorité compétente. Il s'agit d'un mécanisme visant à limiter les hausses et à préserver l'accessibilité financière des filières.
Concrètement, la mise en place de l'exonération et le maintien d'un cadre de plafonnement imposent une coordination entre les ministères concernés, les autorités locales et les établissements scolaires pour assurer la continuité pédagogique sans fragiliser la gestion financière des écoles.
Vers une reconnaissance accrue de la voie professionnelle
Cette initiative s'inscrit dans une dynamique plus large de valorisation de la formation technique et professionnelle au Vietnam. En intégrant officiellement l'enseignement secondaire professionnel dans le corpus des formations soutenues par l'État et en supprimant les frais pour les élèves, les autorités cherchent à renforcer l'attractivité de ces filières et à répondre aux besoins de main-d'œuvre qualifiée de l'économie.
| Année | Disposition clé |
|---|---|
| 2026-2027 | Exonération des frais pour les élèves des filières professionnelles ; plafonds applicables aux établissements publics non autosuffisants ; plafonds pour établissements autofinancés limités à 2,5 fois. |
| 2027-2028 | Révision des plafonds en fonction des capacités financières des étudiants et de l'inflation mesurée par l'indice des prix à la consommation. |
Le projet de décret reste à finaliser et devra être adopté selon les procédures nationales en vigueur. Les modalités pratiques, notamment les mécanismes de compensation pour les établissements et la gestion des flux d'inscription, seront déterminantes pour l'efficacité de la mesure et son acceptation par les acteurs de l'enseignement.
Cette réforme potentielle illustre une intention politique claire : faire de l'éducation et de la formation des leviers centraux du développement humain et économique, tout en adaptant les instruments financiers pour renforcer l'accessibilité des parcours professionnels.