Roland Boninsegna, astronome amateur installé dans la région de la Calestienne à Dourbes, ne fera pas partie du groupe d'observateurs rassemblés à Viroinval le mercredi 12 août. Malgré son attachement à l'astronomie locale — il a aménagé un petit observatoire dans son jardin qu'il ouvre régulièrement au public — il a choisi de partir en Espagne avec sa compagne pour assister à la phase de totalité de l'éclipse solaire.
La totalité, une expérience recherchée
En Belgique, le phénomène attendu sera partiel : le Soleil ne sera masqué qu'à environ 90 % — une configuration qui, selon Boninsegna, empêche d'observer certains effets spectaculaires. « Le phénomène d'éclipse totale est absolument merveilleux à vivre et très rare », explique-t-il, en rappelant les sensations propres à une éclipse totale : une lumière qui s'estompe progressivement, une obscurité rappelant un crépuscule profond, la visibilité de la couronne solaire et des protubérances.
« Au dernier moment, lorsque le soleil va être totalement caché par la Lune, c'est vraiment extraordinaire. Il y a encore un peu de lumière et, puis, elle s'estompe. Nous nous trouvons dans une obscurité mais qui n'est pas totale. Il fait encore assez clair mais comme dans un crépuscule profond. Et le spectacle de ce soleil, dans le ciel, avec les éruptions solaires, la couronne, c'est magique. Et, puis, il y a la nature tout autour. Les animaux qui se taisent. Les gens qui crient, qui pleurent. »
Pour Boninsegna, la différence entre une éclipse partielle et une éclipse totale ne se limite pas à quelques degrés d'obscurité : c'est une expérience sensorielle et collective, qui explique le déplacement de nombreux passionnés à travers le monde.
Un « chasseur d'éclipse » malgré lui
Le Belge ne se considère pas strictement comme un « chasseur d'éclipse », expression employée pour désigner les personnes qui suivent les éclipses totales aux quatre coins du globe. Il admet cependant s'être déjà déplacé à l'étranger à trois reprises pour ce motif : au Kénya, en Turquie et aux États-Unis (Oregon). Son premier souvenir marquant remonte à une éclipse vécue en Afrique centrale en 1980, qu'il décrit encore avec précision.
| Pays | Occasion |
|---|---|
| Kénya | Déplacement pour voir une éclipse totale |
| Turquie | Déplacement pour voir une éclipse totale |
| États-Unis (Oregon) | Déplacement pour voir une éclipse totale |
| Afrique centrale | Éclipse totale vécue en 1980 (souvenir marquant) |
Sur le plan local, M. Boninsegna avait prévu d'être présent parmi les amateurs rassemblés « à côté de ses plates-bandes » à Viroinval, mais son choix de se rendre en Espagne le privera de cette rencontre. Il confirme en creux le mouvement d'intérêt — et de mobilité — que suscite l'événement : pour ceux qui veulent expérimenter la totalité, le déplacement devient souvent incontournable.
Conséquences et perspectives
La décision de ce passionné illustre plusieurs réalités : d'une part, la différence sensible d'expérience entre une éclipse partielle et une éclipse totale ; d'autre part, la manière dont des phénomènes astronomiques exceptionnels mobilisent des observateurs amateurs, des clubs d'astronomie et le grand public, parfois au-delà des frontières nationales. Enfin, elle rappelle l'importance des infrastructures et des initiatives locales — observatoires amateurs, événements publics — pour permettre à la population belge de participer à ces phénomènes, même si certaines attentes d'observation requièrent un déplacement.
- Lieu de départ : Dourbes (Calestienne), observatoire amateur dans le jardin.
- Destination : Espagne, pour atteindre la bande de totalité.
- Situation en Belgique : éclipse partielle à ~90 % sur la majeure partie du territoire.
Alors que le 12 août approchera, de nombreux Belges se rassembleront néanmoins pour observer le phénomène depuis des points d'observation organisés localement. Pour d'autres, comme Roland Boninsegna, la quête de la totalité restera la raison principale d'un voyage — un déplacement guidé autant par la science que par l'émotion qu'offre l'obscurcissement soudain du ciel.