Des allégations de tricherie visant le concours national d’accès à l’internat de médecine secouent la rentrée 2026‑2027. Une lettre anonyme adressée le 3 septembre à l’ANEMF (Association nationale des étudiantes et étudiants en médecine de France) affirme qu’une « quantité astronomique » d’étudiants auraient eu accès à des réponses lors des épreuves orales de l’ECOS, organisées en juin dernier. Face à ces révélations, l’ouverture d’une enquête a été demandée.
Le mécanisme dénoncé
Selon le courrier anonyme, des grilles d’évaluation — documents utilisés par les jurys pour noter les candidats — auraient largement circulé avant les épreuves orales. Lors de ces épreuves, chaque étudiant de 6e année passe successivement devant plusieurs jurys et dispose d’environ huit minutes par sujet. L’auteur de la lettre assure même avoir bénéficié de ces grilles et se dit prêt à les transmettre pour étayer son témoignage.
« J’ai honte de le dire car ma carrière se basera sur un mensonge mais je fais partie de ces étudiants. Je vais vous expliquer comment j’ai eu ces grilles, je vais même vous les donner pour prouver mon propos. »
L’ANEMF, qui avait déjà été alertée en juin d’un risque de triche, a transmis ces informations au conseil scientifique de médecine et demandé qu’une enquête soit lancée afin de vérifier la véracité des faits et l’étendue éventuelle des conséquences sur le classement national des internes.
Enjeux et conséquences
Si les accusations s’avèrent fondées, les répercussions seraient importantes : le classement national d’accès à l’internat détermine en grande partie l’orientation professionnelle de milliers d’étudiants en médecine et conditionne l’accès à des spécialités prisées. La découverte de fuites ou d’une circulation massive de documents d’évaluation remettrait en cause l’égalité de traitement entre candidats ainsi que la confiance que les étudiants, leurs familles et la société accordent à ce concours.
Pour l’heure, les informations proviennent d’un lanceur d’alerte anonyme et d’un signalement à l’ANEMF. Les autorités compétentes sont sollicitées pour établir les responsabilités éventuelles et déterminer si des mesures correctrices s’imposent — depuis la révision des procédures d’organisation et de confidentialité jusqu’à la réévaluation des épreuves concernées.
Acteurs et calendrier
Le dossier met en jeu plusieurs acteurs institutionnels et étudiants :
- ANEMF : destinataire de la lettre et requérante de l’ouverture d’une enquête.
- Le conseil scientifique de médecine : informé dès juin et destinataire du signalement de l’ANEMF.
- Les jurys et organisateurs des épreuves ECOS : responsables des grilles d’évaluation et du bon déroulement des oraux.
- Les étudiants candidats au concours d’internat : potentiellement victimes d’une inégalité si les fuites sont avérées.
| Élément | Date/Information |
|---|---|
| Lettre anonyme reçue par l’ANEMF | 3 septembre 2026 |
| Épreuves orales (ECOS) | Juin 2026 (organisation des oraux) |
| Durée approximative par sujet | ~8 minutes |
Les investigations demandées devront établir si des documents de notation ont été diffusés avant les épreuves, identifier les failles de sécurité éventuelles et mesurer l’impact sur les résultats. Elles permettront également d’envisager des pistes pour renforcer la confidentialité — depuis la formation des jurys jusqu’à la chaîne de conservation des grilles.
Dans le contexte d’un concours national dont l’enjeu professionnel est majeur, la transparence et la rapidité des réponses attendues seront déterminantes pour restaurer la confiance des candidats et du public. Les autorités universitaires et médicales disposaient, au moment de la publication du signalement, d’informations initiales transmises par l’ANEMF et doivent désormais formuler des conclusions publiquement, afin que soit tranchée la question d’éventuelles conséquences sur le classement final des internes.