Tôt jeudi dernier, la porte d’entrée d’un appartement du quartier Rosemont, à Montréal, a été défoncée par des individus se présentant comme militants d’extrême gauche, a rapporté La Presse. Les auteurs, qui revendiquent l’action dans un texte signé du « Front de libération anarchiste révolutionnaire », affirment vouloir « déclarer la guerre à l’IA ».
Une erreur de ciblage et une victime innocente
La porte et la vitre ont été brisées; le vacarme a réveillé la locataire, Pascale Nadeau, qui s’est évanouie et a subi une commotion cérébrale. En entrevue, elle a expliqué avoir appelé le 911 et avoir dit qu’elle était seule lorsque sa porte a été forcée. Elle se dit encore « ébranlée » et craint pour sa sécurité.
« J’ai appelé le 911. Il me semble que j’ai dit que ma porte avait été défoncée et que j’étais toute seule dans mon appartement. Après, je me suis réveillée par terre... Ça n’a aucun sens. J’ai encore peur pour ma sécurité. Je ne peux pas croire qu’ils ont fait ça. J’aurais pu mourir. »
Selon la revendication publiée par le groupe, les auteurs pensaient frapper le domicile du cofondateur de Munera Intelligence, un jeune entrepreneur spécialisé dans des solutions d’intelligence artificielle. Or, l’homme ciblé n’était plus locataire à cette adresse depuis un an, ce qui laisse apparaître une grave erreur de renseignement ou d’identification de la part des militants.
Attaque coordonnée et mêmes revendications
La même organisation a par ailleurs revendiqué, pour la même soirée, une attaque incendiaire — un cocktail Molotov — dirigée contre des bureaux montréalais de Microsoft. La vidéo jointe au texte de revendication montre un individu frappant la vitre d’une porte d’entrée à l’aide d’un marteau, et une image d’un engin incendiaire allumé quelques instants avant d’être projeté vers des locaux.
La présence de ces deux actions revendiquées le même soir suggère une démarche concertée du groupe contre des cibles liées à la technologie et à l’IA, mais le franchissement de la porte d’un domicile privé et l’atteinte à une personne non impliquée soulèvent des questions sur les méthodes et l’ampleur du risque pour des tiers.
| Incident | Cible revendiquée | Conséquence |
|---|---|---|
| Bris de porte à Rosemont | Domestique — visait un entrepreneur en IA | Locataire blessée, commotion cérébrale |
| Attaque au cocktail Molotov | Bureaux de Microsoft à Montréal | Revendiquée ; dégâts non précisés |
Réactions et enjeux
- La victime, qui n’avait aucun lien avec l’entreprise visée, exprime une forte inquiétude quant à sa sécurité personnelle et à la logique de l’attaque.
- La revendication évoque explicitement une hostilité envers l’intelligence artificielle, un angle qui place l’affaire à l’intersection des débats technologiques et de la lutte politique radicale.
- La diffusion d’une vidéo par les auteurs indique une volonté de communication et de mise en scène des actions, susceptible d’alimenter d’autres incidents ou d’attirer l’attention des autorités.
Le lien entre la petite société visée — Munera Intelligence — et les actions revendiquées illustre la montée des tensions autour des usages de l’intelligence artificielle, notamment quand des dispositifs de surveillance ou de détection sont développés. Le jeune entrepreneur cité, Dominic MacDuff‑Auger, est présenté dans la revendication comme la cible de l’opération; la firme travaille sur une solution de surveillance de chantiers par drone exploitant de l’IA pour détecter des travaux illégaux ou des entraves, précise le texte de presse.
À ce stade, les autorités policières et judiciaires n’ont pas livré d’informations publiques détaillées sur l’enquête ni sur d’éventuelles interpellations. La diffusion d’une vidéo et d’un texte de revendication devrait toutefois servir d’éléments pour l’identification des auteurs et la qualification des faits par le parquet.
Pour la victime, l’affaire rappelle l’impact humain d’actions menées au nom d’une cause : « Déjà que ça n’a aucun sens, mais en plus, je n’étais même pas liée à cette histoire‑là ! », confie‑t‑elle, soulignant le caractère aléatoire et dangereux de la méthode employée.
La suite dépendra de l’avancée de l’enquête policière et des éventuelles mesures prises pour sécuriser les personnes et sites considérés comme cibles potentielles de ce type d’activisme radicalisé.