La mobilisation suscitée cette semaine à Liège par un signalement d'animaux « enfermés » s'est soldée par une surprise : il n'y avait pas de perroquets dans l'appartement visé, seulement des pigeons nourris sur le balcon. Si le dénouement est rassurant pour ces oiseaux, il relance surtout un débat institutionnel sur les moyens d'intervention en cas de mise en danger d'animaux quand le propriétaire est dans l'incapacité de donner son accord.
Une alerte relayée par la SRPA
La Société Royale pour la Protection des Animaux (SRPA) de Liège avait signalé qu'une occupante d'un appartement était hospitalisée et présentait de « graves problèmes de santé » et « d'importants troubles du comportement ». Selon l'association, les deux perroquets auraient été laissés seuls dans l'habitation depuis la nuit du 7 au 8 août. La SRPA avait, de ce fait, appelé les autorités à trouver une solution pour permettre à une personne habilitée d'entrer dans le logement.
Visite policière avec accord judiciaire : pas de perroquets
Malgré un refus initial de la personne concernée d'autoriser l'accès à son domicile et l'existence d'un certificat médical attestant de son incapacité à prendre une décision, une visite a finalement été menée avec l'accord d'un juge de paix. Police et SRPA se sont rendues sur place ; le constat n'a pas corroboré les informations premières : l'appartement ne contenait pas de perroquets, et seuls des pigeons étaient nourris sur le balcon.
« Cela aura au moins permis de soulever un problème récurrent en matière de bien-être animal », a souligné Fabrice Renard, porte‑parole de la SRPA de Liège.
Une question de fond : quelle procédure en cas d'urgence ?
Pour la SRPA, l'affaire dépasse le cas particulier de ces oiseaux « imaginaires » : elle met en lumière une lacune législative. L'association estime que si la législation empêche véritablement toute intervention sans consentement, il est indispensable de combler ce vide afin de pouvoir protéger les animaux en situation critique.
- La SRPA demande aux autorités compétentes de proposer « sans délai » des solutions pérennes.
- Le rôle du juge de paix a été déterminant pour permettre l'entrée dans le logement dans ce dossier précis.
- La situation interroge le cadre légal qui lie protection des animaux et respect des droits et de la vie privée des propriétaires.
Chronologie synthétique
| Date / événement | Information |
|---|---|
| Nuit du 7 au 8 août | Hospitalisation de la propriétaire, selon la SRPA |
| Signalement initial | SRPA alerte sur la présence de deux perroquets enfermés |
| Visite récente | Intervention de la police et de la SRPA avec accord d'un juge de paix : aucun perroquet retrouvé |
Le cas met en lumière la délicate confrontation entre protection animale et droits individuels. Pour l'heure, la SRPA se dit soulagée mais souhaite que la portée de l'affaire serve à ouvrir un débat et à déboucher sur des pistes concrètes afin d'empêcher que, dans d'autres circonstances, des animaux réellement menacés ne restent sans secours faute de procédures adaptées.
À Liège, l'affaire rappelle que la vigilance citoyenne et la réactivité des associations locales jouent un rôle clé, mais qu'elles doivent pouvoir s'appuyer sur un cadre légal clair pour agir efficacement lorsque la vie d'animaux est en jeu.