La détresse psychologique chez les 12‑17 ans s’accentue, avertit Tel‑jeunes dans son premier Portrait croisé des réalités adolescentes. L’association, active depuis 1991, constate une augmentation notable du volume et de la complexité des demandes reçues en 2025, qui pèse sur ses capacités d’intervention.
Des chiffres qui traduisent une hausse de la demande
Selon le rapport, près de 50 000 adolescents et 10 000 parents ont fait appel aux services de Tel‑jeunes en 2025. Ces volumes représentent une progression de 20 % sur un an et de 37 % sur quatre ans. La santé mentale concentre la moitié des sollicitations, soit une augmentation de 10 points de pourcentage en trois ans.
| Indicateur | Chiffre |
|---|---|
| Jeunes aidés en 2025 | ~50 000 |
| Parents aidés en 2025 | ~10 000 |
| Augmentation annuelle | +20 % |
| Augmentation sur 4 ans | +37 % |
Des problématiques plus lourdes et diversifiées
Les motifs les plus fréquents sont la dépression, le stress, l’anxiété et la faible estime de soi. Le rapport souligne que les situations présentées par les jeunes sont « plus complexes et multifactorielles », nécessitant davantage de temps et de ressources pour une prise en charge adaptée.
« La détresse est plus grande dans les demandes d’aide qu’on reçoit. Elles sont également plus complexes et multifactorielles », explique Annie Papageorgiou, directrice générale de Tel‑jeunes.
Près d’une intervention sur cinq (20 %) requiert une évaluation du risque suicidaire, ce qui témoigne de la gravité d’une part non négligeable des cas. Tel‑jeunes indique aussi rencontrer des difficultés ponctuelles à répondre immédiatement à la demande : les délais d’attente peuvent être perçus comme trop longs par des adolescents en situation de détresse, pour qui le besoin d’aide est souvent urgent.
Les filles et les jeunes LGBTQ+ particulièrement vulnérables
Le portrait met en évidence une vulnérabilité accrue chez les jeunes filles et les membres des communautés LGBTQ+. Parmi les éléments fournis, on relève qu’environ 40 % des filles déclarent ressentir de l’anxiété au moins une fois par semaine, selon le sondage Léger intégré au rapport — un indicateur qui illustre l’intensité du phénomène chez ce groupe.
- Volume total des contacts en hausse (+20 % en un an).
- 50 % des demandes liées à la santé mentale.
- 20 % des interventions nécessitent une évaluation du risque suicidaire.
Le portrait croisé s’appuie sur plusieurs sources : les données opérationnelles de Tel‑jeunes, un sondage Léger mené auprès de 1 200 adolescents, et une recension scientifique conduite par le Centre RBC de l’Université de Sherbrooke. Cette combinaison vise à croiser chiffres, littérature et retour d’expérience des intervenants.
Conséquences pour les services et perspectives
Les chiffres posent la question des capacités d’accueil et de l’organisation des réponses en santé mentale pour les jeunes. Tel‑jeunes signale que l’augmentation de la vulnérabilité des appels oblige ses équipes à consacrer plus de temps à chaque dossier, ce qui peut allonger les délais pour les nouvelles demandes.
Pour les autorités et les acteurs du secteur, ces constats plaident en faveur d’un renforcement des ressources dédiées à la santé mentale des adolescents : dispositifs de première ligne, formation des intervenants, interventions de prévention en milieu scolaire et accès rapide à des soins spécialisés. Les données de Tel‑jeunes constituent un signal d’alerte utile pour orienter les politiques publiques et les priorités de financement.
La hausse de la demande décrite par Tel‑jeunes rejoint d’autres études internationales montrant une dégradation de la santé mentale des jeunes depuis plusieurs années, amplifiée par des facteurs multiples (pandémie, réseaux sociaux, pressions scolaires, isolement). En Belgique, comme ailleurs, la question de l’accès rapide à des ressources adaptées demeure centrale pour limiter l’aggravation des situations.