Des restaurateurs du Finistère ont demandé la suppression d’une vidéo diffusée par le ministère de la Santé, estimant qu’elle stigmatise la profession en montrant un chef consommant de la cocaïne pendant le service. La séquence fait partie d’une série de vidéos de la campagne intitulée « On paie tous le prix de la drogue ».
Une profession « mise à mal »
Parmi les opposants, Thomas Le Corre-Barido, dirigeant de deux établissements à Port‑La‑Forêt et administrateur de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie du Finistère (UMIH 29), déplore une vision réductrice et offensante. Il juge la représentation intolérable et affirme qu’elle jette une suspicion générale sur les chefs et les personnels de cuisine, qu’il présente comme une profession déjà soumise à des contraintes fortes.
« C’est un énième coup de massue à notre profession », affirme M. Le Corre-Barido.
Selon lui, la diffusion de la vidéo sur la page Facebook du ministère, sans consultation préalable des organisations professionnelles, donne l’impression que l’usage de drogues serait plus fréquent dans la restauration qu’ailleurs, en raison du rythme et des horaires de travail.
Enjeu de communication publique et risque de stigmatisation
La controverse illustre la difficulté, pour les autorités sanitaires, de concevoir des messages de prévention susceptibles d’alerter le public sans stigmatiser des catégories professionnelles. Les campagnes de santé publique cherchent souvent à illustrer des situations à risque; ici, la mise en scène d’un chef prenant « un rail de coke dans le vestiaire pendant son service » a été jugée déplacée par des professionnels qui y voient une généralisation infondée.
Sans indication contraire fournie par les auteurs de la campagne, on ignore si le ministère a prévu des actions complémentaires visant à contextualiser ces mises en scène ou à dialoguer avec les organisations professionnelles concernées.
Réactions et demandes
La publication de la vidéo a entraîné une réaction collective d’indignation au sein de la profession locale, relayée notamment par l’UMIH 29. Les restaurateurs demandent principalement :
- le retrait de la vidéo incriminée ;
- des excuses publiques et une clarification de la part du ministère ;
- un dialogue avec les représentants professionnels pour éviter de nouvelles mises en scène stigmatisantes.
Dans le contexte actuel, ces demandes s’inscrivent dans une préoccupation plus large : préserver l’image du secteur de l’hôtellerie‑restauration, déjà fragilisée par la médiatisation de conditions de travail difficiles et par des tensions économiques récurrentes.
| Acteurs | Rôle |
|---|---|
| Ministère de la Santé | Diffuseur de la campagne « On paie tous le prix de la drogue » |
| Thomas Le Corre‑Barido | Restaurateur et administrateur UMIH 29, porte‑parole des récriminations locales |
| UMIH 29 | Organisation professionnelle relayant l’indignation |
Ce que dit la pratique de la prévention
Les campagnes de prévention efficaces reposent sur un équilibre délicat : elles doivent être suffisamment percutantes pour mobiliser sans heurter inutilement des groupes sociaux ou professionnels. Les autorités sanitaires sont en général attentives à ces enjeux, mais la réception d’un message dépend aussi du contexte local et de la manière dont il est perçu par les personnes concernées.
La polémique en Finistère rappelle l’importance d’un dialogue en amont entre les concepteurs de campagnes et les secteurs susceptibles d’être représentés, afin d’éviter une perception de stigmatisation et de garantir que la prévention atteigne ses objectifs sans effets secondaires préjudiciables.
À ce stade, aucune communication officielle du ministère concernant un retrait ou une modification de la vidéo n’a été mentionnée dans les éléments transmis par les professionnels concernés.