La santé mentale des adolescents se détériore, selon le premier portrait national de Tel‑jeunes, dévoilé à quelques semaines des élections provinciales. L’organisme qui offre des services d’écoute et d’orientation pour les jeunes publie les résultats d’un sondage mené au printemps 2026 auprès de 1 200 adolescentes et adolescents et tire la sonnette d’alarme sur la vulnérabilité croissante de cette tranche d’âge.
Un appel pour reconnaître l’adolescence comme étape à part
Tel‑jeunes demande que l’adolescence, définie par l’organisme comme la période de 12 à 17 ans, soit explicitement reconnue dans les stratégies publiques en santé et en prévention. Dans son argumentaire, Tel‑jeunes souligne que cette période est caractérisée par des bouleversements physiques et psychologiques importants, et que les besoins des adolescents sont spécifiques, distincts de ceux des enfants et des jeunes adultes.
«De 12 à 17 ans, c’est une période de développement en grande effervescence. Le cerveau se construit. Tout ce qu’on vit, c’est pour la première fois et ils ont des besoins qui leur sont propres, qui sont particuliers.»
La directrice générale de Tel‑jeunes, Annie Papageorgiou, rappelle que les politiques actuelles qui regroupent largement les 12‑29 ans ne tiennent pas suffisamment compte des réalités propres aux adolescents.
Des chiffres inquiétants
Parmi les enseignements du sondage :
- 84 % des jeunes de 12 à 17 ans déclarent qu’ils pourraient se retenir de demander de l’aide, même face à un problème qu’ils jugeraient impossible à surmonter ;
- Les filles apparaissent globalement plus vulnérables, avec «plus du quart» se disant insatisfaites de leur vie ;
- Les jeunes 2ELGBTQI+ présentent une détresse marquée : 43 % se disent «peu ou pas du tout satisfaits de (leur) vie».
Ces données constituent, selon Tel‑jeunes, un «portrait croisé des réalités adolescentes» qui montre non seulement une baisse de la santé mentale des jeunes, mais aussi des inégalités de genre et de statut identitaire très nettes.
Des recommandations ciblées
Pour répondre à cette détérioration, Tel‑jeunes formule plusieurs demandes concrètes visant à améliorer l’accès à l’aide et la qualité des services destinés aux adolescents. L’organisme plaide notamment pour :
- la bonification de l’aide disponible directement dans les écoles ;
- le renforcement des services de première ligne pour les 12‑17 ans ;
- une prise en compte explicite des besoins adolescents dans les politiques publiques et les stratégies de prévention.
| Indicateur | Résultat |
|---|---|
| Taille de l’échantillon | 1 200 adolescents |
| Jeunes susceptibles de ne pas demander d’aide | 84 % |
| Jeunes 2ELGBTQI+ insatisfaits de leur vie | 43 % |
Tel‑jeunes insiste également pour que la voix des adolescents soit mieux reléguée dans l’élaboration des politiques : «Ce qu’on souhaite, c’est d’être la voix des ados. Qu’on les priorise dans nos politiques publiques, les 12 à 17 ans, et qu’on écoute ce qu’ils ont à dire par rapport à ce qu’ils vivent», affirme l’organisation.
Contexte politique et conséquences
La publication intervient à moins de deux mois des élections provinciales, un timing que Tel‑jeunes utilise pour interpeller les décideurs sur la nécessité d’intégrer l’adolescence comme étape spécifique dans les programmes de santé mentale et d’éducation. Les recommandations portent sur des dispositifs concrets (renforcement des ressources scolaires, meilleure formation des intervenants de première ligne) mais soulèvent aussi la question du financement durable et de la coordination entre acteurs (écoles, services de santé, politiques publiques).
Si les chiffres dévoilés par Tel‑jeunes témoignent d’un malaise diffus, l’organisme met l’accent sur la prévention et sur l’accessibilité des services : selon le sondage, une large majorité d’adolescents hésitent à solliciter de l’aide, ce qui risque d’aggraver les problèmes si des réponses adaptées ne sont pas rapidement mises en place.
Les autorités sanitaires et les responsables politiques provinciaux devront désormais se positionner sur ces recommandations et préciser les mesures envisagées pour mieux protéger la santé mentale des 12‑17 ans.