La simple apparence et le chiffre sur la balance ne garantissent pas l'absence de maladie, avertit le médecin généraliste Jimmy Mohamed dans son ouvrage paru le 10 septembre 2025 chez M6 Éditions. Interrogé par 20 Minutes le 12 septembre 2025, il rappelle qu’être mince ne protège pas automatiquement contre l’hypertension, le cholestérol élevé ou la fatigue chronique.
Les preuves scientifiques et le diagnostic erroné du seul poids
Le constat se fonde aussi sur des travaux scientifiques. Une vaste méta‑analyse citée par le praticien a rassemblé 20 études couvrant 398 716 adultes et montre que la forme cardiorespiratoire prédit mieux le risque de décès que le seul poids ou l’IMC. Autrement dit, mesurer la capacité physique et la condition cardiovasculaire fournit un signal de risque plus fiable que la silhouette seule.
« la minceur n’est pas forcément un signe de bonne santé »
Pour Jimmy Mohamed, l’obésité reste « une maladie qui prédispose à d’autres maladies », mais la minceur n’est pas automatiquement synonyme de bonne santé : on peut avoir un IMC « normal » et cumuler des problèmes métaboliques. Il souligne également que certaines personnes qui « mangent ce qu’elles veulent sans jamais grossir » peuvent accumuler de la graisse viscérale, une inflammation silencieuse et un état de prédiabète.
Quels repères regarder, selon le médecin ?
Plutôt que de s'en tenir au poids, le praticien met en avant plusieurs indicateurs plus pertinents pour évaluer la santé globale. Parmi ceux‑ci figurent :
- la condition physique et la capacité cardiorespiratoire (par exemple, monter deux étages sans essoufflement) ;
- la qualité de l’alimentation, considérée comme « le premier des médicaments » mais encore sous‑estimée ;
- le sommeil et la gestion du stress, déterminants du métabolisme et de la résistance aux maladies ;
- l’accumulation de graisse viscérale, invisible sur la balance mais associée à l’inflammation et au risque métabolique.
Ces axes mettent l'accent sur des marqueurs fonctionnels et biologiques plutôt que sur une simple mesure anthropométrique. Ils impliquent également des approches concrètes de prévention : activité physique régulière, alimentation de qualité, suivi du sommeil et dépistage des facteurs de risque (tension, cholestérol, glycémie).
Conséquences pour la prévention et la communication sanitaire
Le message de Jimmy Mohamed éclaire une faiblesse récurrente des politiques de santé publique et des comportements individuels : la culture de la minceur peut masquer des risques réels. Insister uniquement sur la perte de poids risque d’occulter des facteurs modifiables essentiels. Pour la pratique clinique, cela signifie privilégier l'évaluation globale du patient — antécédents, activité, bilans biologiques — plutôt que de se fier uniquement au poids ou à l’IMC.
| Élément | Pourquoi c’est utile |
|---|---|
| Forme cardiorespiratoire | Meilleur prédicteur de mortalité que l’IMC |
| Alimentation | Facteur majeur de risque ou de protection |
| Sommeil et stress | Impact sur le métabolisme et l’inflammation |
| Graisse viscérale | Liée au prédiabète et aux complications |
Au‑delà du diagnostic individuel, ce rappel invite aussi les autorités sanitaires et les professionnels à mieux communiquer : valoriser des indicateurs mesurables et actionnables (activité, prise en charge du sommeil, bilans biologiques) plutôt que d’alimenter des normes esthétiques qui peuvent être trompeuses.
En pratique, la recommandation reste simple et pragmatique : ne pas se fier au miroir seul, consulter son médecin pour un bilan complet si l’on présente des facteurs de risque ou des symptômes persistants, et considérer l’alimentation et l’activité physique comme des leviers centraux de prévention.