La Grèce fait face cet été à une série d'incendies d'une ampleur exceptionnelle, qui ont entraîné 281 arrestations depuis le début de l'année, a indiqué mercredi 12 août Yannis Artopios, porte-parole des pompiers, lors d'une intervention sur la chaîne publique ERT. Parmi les personnes interpellées, 252 (89,68 %) le sont pour des feux attribués à la négligence et 29 (10,32 %) pour des départs volontaires.
Des bilans matériels et humains lourds
Les autorités dressent un bilan matériel sévère : un incendie ayant ravagé des zones de pinède, de maquis et des terres agricoles au nord-ouest d'Athènes a détruit plus de 11 000 hectares. Les opérations de lutte ont été rendues particulièrement ardues par des rafales atteignant jusqu'à 130 km/h, expliquent les responsables.
La période récente a été également marquée par un drame humain : deux membres d'équipage d'un hélicoptère ont perdu la vie à la suite d'une collision avec un autre appareil lors d'interventions destinées à circonscrire les flammes.
« Nous avons traversé dix jours difficiles, marqués par des vents violents et des conditions météorologiques très défavorables »,
a déclaré le ministre de la Crise climatique et de la Protection civile, Evangelos Tournas, rappelant la sévérité des conditions auxquelles ont été confrontés les services de secours. Il a ajouté que les équipes avaient dû faire face à plus de 400 incendies durant cette période.
Renforcement de la répression et difficultés opérationnelles
Depuis 2024, le gouvernement a durci la répression contre les responsables d'incendies : les peines peuvent désormais atteindre 20 ans de prison et des amendes plafonnant à 200 000 euros. Cette politique vise à dissuader tant les actes volontaires que les comportements négligents — ces derniers représentant la majorité des interpellations.
Les services de secours et les autorités insistent sur les difficultés opérationnelles rencontrées : vents violents, conditions météorologiques défavorables et multiplicité des foyers ont compliqué la coordination des moyens terrestres et aériens, prolongeant la durée et l'intensité des incendies.
- 281 : arrestations liées aux incendies depuis le début de l'année.
- 11 000 hectares : superficie détruite dans un incendie récent près d'Athènes.
- Plus de 400 : nombre d'incendies gérés lors de la période la plus critique.
- 2 : membres d'équipage d'hélicoptère décédés en intervention.
Exemples d'interpellations et sanctions
Les mesures policières se sont traduites ces derniers jours par des interpellations ciblées. À Thessalonique, un homme de 59 ans a été arrêté pour sa possible implication dans plus de cinq incendies en l'espace de deux semaines et doit être présenté au parquet. Dans la région d'Athènes, un individu de 33 ans a été interpellé pour avoir allumé un barbecue portable en zone boisée et a été sanctionné d'une amende de 3 000 euros, selon des médias locaux.
Les autorités espèrent que la combinaison d'une présence policière accrue et de sanctions plus sévères contribuera à réduire le nombre d'incendies d'origine humaine, qu'ils soient volontaires ou liés à la négligence.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Arrestations | 281 (252 négligence / 29 volontaires) |
| Superficie détruite (exemple) | 11 000 ha |
| Incidents gérés | plus de 400 |
| Décès lors d'intervention | 2 membres d'équipage |
La Grèce reste en alerte maximale dans plusieurs régions, plusieurs secteurs étant classés au niveau 4 sur 5 du risque d'incendie. Les autorités appellent la population à la plus grande vigilance pendant cette période de forte chaleur et de vents violents, soulignant que la prévention et la réaction rapide sont essentielles pour limiter l'ampleur des dégâts.
Sur le plan judiciaire, les dossiers ouverts — qu'ils concernent des départs de feu volontaires ou des cas de négligence — sont suivis de près par les parquets locaux, qui doivent désormais appliquer des cadres de sanctions renforcés votés par le gouvernement.