L’UNESCO a averti le 11 août que plus de 2,4 millions de filles et jeunes femmes en Afghanistan sont actuellement privées d’accès à l’enseignement secondaire et supérieur depuis le retour au pouvoir des talibans en 2021. L’organisation prévient que, si les restrictions perdurent, ce chiffre pourrait atteindre près de 4 millions d’ici 2030.
Des fermetures et des interdictions généralisées
Depuis août 2021, les directives édictées par les autorités afghanes ont restreint de manière systématique la scolarisation des filles : elles ne sont autorisées à fréquenter que l’école primaire. Les lycées de filles ont été fermés et l’accès des femmes à l’enseignement supérieur est interdit. Parallèlement, de nombreuses restrictions pèsent sur l’emploi féminin, notamment en limitant l’accès aux postes du secteur public.
Une alerte sur les conséquences à long terme
L’experte de l’UNESCO, Hoda Jaberian, a souligné le caractère auto‑entretenu de cette situation et ses répercussions en cascade sur le système éducatif et le marché du travail. Elle a déclaré :
« C’est un cercle vicieux. Moins les filles sont scolarisées, moins les femmes ont la possibilité de devenir enseignantes ou professionnelles, ce qui entraîne une perte progressive des ressources humaines nécessaires au redressement du système éducatif. »
Selon l’UNESCO, l’exclusion des filles prive une génération entière d’opportunités et risque d’affecter durablement les perspectives de développement socio‑économique du pays, en provoquant notamment des pénuries de main‑d’œuvre qualifiée.
Chiffres clés
| Situation | Nombre estimé |
|---|---|
| Filles et jeunes femmes exclues de l’enseignement secondaire et supérieur (actuel) | 2,4 millions |
| Projection si les tendances se maintiennent (d'ici 2030) | près de 4 millions |
Impacts éducatifs et sociaux
Le rapport met en garde contre plusieurs conséquences directes :
- affaiblissement du vivier d’enseignantes et de personnels qualifiés indispensables à la reprise et au fonctionnement des établissements scolaires ;
- pertes de compétences dans des secteurs clefs, freinant la reconstruction économique et sociale ;
- augmentation des inégalités entre les genres et affaiblissement des droits fondamentaux, dont celui à l’éducation.
L’UNESCO insiste sur le fait que ces effets ne concernent pas uniquement les individus privés d’école, mais pèsent à terme sur l’ensemble de la société afghane.
Quelle réponse internationale ?
Le signal lancé par l’UNESCO vise à attirer l’attention des États, des organisations internationales et des acteurs de l’éducation sur l’urgence d’une action coordonnée pour préserver le droit à l’éducation des filles et des jeunes femmes en Afghanistan. L’organisation souligne que l’absence d’accès à l’enseignement post‑primaire compromet non seulement les trajectoires individuelles mais aussi la capacité du pays à former les professionnels nécessaires à son développement futur.
Pour l’heure, le rapport de l’UNESCO dresse un constat d’exclusion et lance un avertissement sur les conséquences à long terme. Reste à voir comment la communauté internationale et les acteurs humanitaires adapteront leurs réponses pour soutenir l’éducation des filles dans un contexte politique et sécuritaire complexe.