Au Kosovo, la participation des élèves originaires des communautés rom, ashkali et égyptienne à l'enseignement secondaire supérieur est alarmante : selon le rapport 2025 de l'Agence des statistiques du Kosovo, seulement 27 % de ces enfants poursuivent leurs études au‑delà du primaire, contre 89 % pour le reste de la population. La différence de fréquentation atteint ainsi 62 points.
Un basculement entre primaire et secondaire
Le document montre que, si la quasi‑totalité des enfants de ces communautés assiste à l'école primaire — le taux s'établit à 83 % —, la transition vers l'enseignement secondaire supérieur s'effondre. Ce recul est d'autant plus préoccupant que la participation était déjà faible l'année précédente : elle était de 31 % en 2024, soit une baisse de 4 points en un an.
Facteurs multiples et conséquences
Des acteurs du secteur associatif et des experts interrogés relient cette situation à un ensemble de déterminants sociaux, économiques et culturels. Parmi les causes avancées :
- la précarité économique des familles ;
- le faible niveau d'instruction des parents et le manque de soutien scolaire à domicile ;
- l'absence de repères scolaires et d'orientation professionnelle ;
- les mariages précoces dans certains cas ;
- la discrimination et le sentiment de ne pas appartenir à l'environnement scolaire.
Ces facteurs concourent à un absentéisme élevé et à des sorties précoces du système éducatif, avec des répercussions sur l'employabilité et l'intégration sociale de ces jeunes.
« D’après notre expérience sur le terrain, les principaux facteurs sont la situation socio‑économique difficile des familles, le faible niveau d’instruction des parents, le manque de soutien scolaire, l’absence de modèles positifs et d’orientation professionnelle, ainsi que, dans certains cas, les mariages précoces. La discrimination et le sentiment de ne pas appartenir au milieu scolaire ont également un impact. »
Cette déclaration provient de Bajram Iliazi, responsable principal des programmes éducatifs de l'organisation « La Voix des Roms, des Ashkalis et des Égyptiens », qui alerte aussi sur l'usage incertain des bourses gouvernementales attribuées aux étudiants de ces communautés. Iliazi indique que, compte tenu des besoins économiques, ces aides financières peuvent parfois être détournées vers d'autres dépenses familiales.
Données essentielles
| Indicateur | Communautés rom/ashkali/égyptienne | Reste de la population |
|---|---|---|
| Fréquentation enseignement primaire | 83 % | non précisé |
| Fréquentation enseignement secondaire supérieur (2025) | 27 % | 89 % |
| Évolution annuelle (sec. sup.) | 31 % (2024) → 27 % (2025) | non précisé |
Un expert en éducation cité dans le rapport estime par ailleurs que les montants alloués par l'État pour soutenir ces élèves méritent un examen approfondi, afin d'évaluer leur efficacité et leur ciblage. Le rapport laisse entendre que des mesures structurelles et un suivi renforcé des aides pourraient être nécessaires pour obtenir des résultats tangibles.
Enjeux politiques et sociaux
Ces chiffres posent une question plus large : comment intégrer durablement des populations marginalisées dans le système éducatif et, au‑delà, dans la société ? L'écart de participation aux études supérieures renvoie à des inégalités accumulées qui dépassent le seul cadre scolaire et nécessitent des réponses multisectorielles — emploi, protection sociale, santé et lutte contre les discriminations.
À ce stade, les autorités kosovares, les organisations non gouvernementales et les bailleurs de fonds sont confrontés à la tâche difficile de concevoir des programmes adaptés, garantissant à la fois un accès effectif à l'enseignement et un soutien socio‑économique aux familles afin de prévenir les sorties précoces du système éducatif.