Une importante invasion de méduses a forcé lundi l’exploitant EDF à arrêter plusieurs réacteurs de la centrale nucléaire de Gravelines, dans le nord de la France, située à quelques kilomètres de la frontière belge. L’incident a perturbé le fonctionnement de l’un des plus grands sites nucléaires d’Europe de l’Ouest, sans, selon EDF, affecter la sûreté nucléaire, la sécurité du personnel ou l’environnement.
Quels réacteurs sont concernés ?
La situation opérationnelle sur le site est la suivante :
| Réacteur | Statut |
|---|---|
| 1 | Fonctionne à puissance réduite (par mesure de précaution) |
| 2 | Mis à l’arrêt |
| 3 | Mis à l’arrêt |
| 4 | Mis à l’arrêt |
| 5 | Indisponible pour maintenance programmée |
| 6 | Produit normalement |
EDF a précisé que le site a recours à l’eau de mer pour le refroidissement de ses installations. C’est l’arrivée d’un « important banc de méduses » dans ces prises d’eau qui a entraîné les mesures d’arrêt et de réduction de puissance.
Un phénomène récurrent et lié à l’environnement
Ce n’est pas la première fois que Gravelines est confrontée à ce type d’événement : une arrivée massive de méduses l’an dernier avait déjà provoqué l’arrêt temporaire de plusieurs réacteurs, avant un redémarrage progressif. D’après des spécialistes cités par les médias, ces épisodes, bien que saisonniers, pourraient se produire plus fréquemment à l’avenir.
- Facteurs évoqués : réchauffement des océans et autres perturbations environnementales.
- Conséquence opérationnelle : intrusion dans les prises d’eau de refroidissement, entraînant des arrêts ou réductions de puissance.
- Conséquence immédiate pour le site : mesures prises sans impact déclaré sur la sûreté ou l’environnement.
Du point de vue belge, la proximité de Gravelines rend l’événement particulièrement suivi par les autorités et les observateurs, même si EDF assure l’absence d’impact sur la sûreté et l’environnement. Aucune information officielle n’indique, pour l’instant, des conséquences sur l’approvisionnement électrique en Belgique.
La gestion de l’aléa biologique dans les centrales
Les centrales équipées de prises d’eau en milieu marin sont vulnérables aux phénomènes biologiques saisonniers (algues, méduses, bancs de poissons) qui peuvent gêner l’aspiration d’eau nécessaire au refroidissement. Les exploitants mettent en place des filets, grilles et procédures d’arrêt pour prévenir tout risque mécanique ou thermique lié à l’alimentation en eau.
EDF insiste sur le fait que les arrêts ont été menés dans le cadre des procédures prévues et que la sûreté reste garantie. Le réacteur 6 demeure le seul à produire normalement, tandis que le réacteur 5 était déjà hors service pour maintenance avant l’incident.
Les autorités françaises et l’exploitant suivront l’évolution de la situation dans les prochaines heures et jours afin de procéder à un redémarrage progressif si les conditions le permettent. Les événements similaires observés l’an dernier s’étaient résorbés au bout de quelques jours.
Pour la Belgique, située à courte distance de Gravelines, l’événement rappelle la dépendance régionale aux grands sites de production électriques transfrontaliers et la nécessité d’une surveillance partagée des risques liés au littoral et au changement climatique.