Une chute de production estimée à près de 10 gigawatts à l’échelle de l’Europe continentale est attendue lors de l’éclipse solaire prévue mercredi soir, a rappelé Walter Geelen, responsable du Centre de contrôle national chez Elia, le gestionnaire du réseau belge. L’événement interroge la résilience du système électrique, en particulier en raison du rôle croissant des panneaux photovoltaïques dans la production d’électricité.
Le solaire, facteur central
Dans les dernières années, la part de la production électrique issue des panneaux photovoltaïques a fortement augmenté en Belgique, surtout lors des journées ensoleillées. C’est précisément cette caractéristique qui rend le réseau sensible à une éclipse : une occultation importante réduit brutalement la production solaire disponible.
« Il faut se dire que depuis plusieurs années, grâce à la transition énergétique, la production d’électricité vient de plus en plus des panneaux photovoltaïques, surtout pendant une journée ensoleillée », a expliqué Walter Geelen.
Trois paramètres déterminants
Walter Geelen a détaillé trois éléments à prendre en compte pour estimer l’impact de l’éclipse sur la production électrique :
- le taux d’occultation (totale ou partielle) : une éclipse totale provoque une baisse plus nette qu’une éclipse partielle ;
- les conditions météorologiques au moment de l’événement (ciel dégagé ou couvert) : si la journée est déjà nuageuse, l’impact relatif de l’éclipse sera moindre ;
- la répartition et la puissance des installations photovoltaïques sur le territoire et dans les pays voisins, qui conditionne l’ampleur du déficit à compenser.
| Facteur | Rôle dans l’impact |
|---|---|
| Taux d’occultation | Plus l’éclipse est totale, plus la baisse de production solaire est importante |
| Conditions météorologiques | Un ciel couvert atténue l’effet relatif de l’éclipse sur la production |
| Répartition du solaire | Plus il y a de panneaux en service, plus le réseau devra compenser la perte |
Préparations et réponses possibles
Elia, via son Centre de contrôle national, surveille l’évolution et prépare les mesures nécessaires pour garantir la sécurité d’approvisionnement. Les gestionnaires de réseau disposent d’outils et de réserves (pouvoirs d’ajustement de centrales conventionnelles, échanges transfrontaliers, dispositifs de flexibilité) pouvant être mobilisés pour compenser la baisse brutale de production solaire.
À l’échelle européenne, la prévision d’une chute de près de 10 GW sert d’indicateur pour coordonner les interventions entre gestionnaires de réseaux et opérateurs de production. En Belgique, l’impact réel dépendra des trois facteurs évoqués par Walter Geelen et des capacités d’échange avec les pays voisins au moment de l’événement.
Ce que cela signifie pour les consommateurs
Pour l’instant, aucun élément fourni par Elia n’annonce une pénurie généralisée imminente. Toutefois, la situation appelle à une vigilance accrue et à une coordination opérationnelle durant la fenêtre de l’éclipse. Les consommateurs pourraient être sensibilisés à des scénarios de gestion de charge si des manœuvres exceptionnelles devenaient nécessaires, mais ces mesures relèvent des décisions techniques du gestionnaire du réseau et des autorités compétentes.
La séquence illustre en tout cas la transformation du système électrique : la montée en puissance des énergies renouvelables améliore la durabilité, mais augmente aussi la sensibilité du réseau à des variations rapides de production, qu’elles soient météorologiques ou astronomiques.
Elia et les acteurs du secteur continueront de communiquer en amont et pendant l’événement pour informer sur d’éventuelles actions à court terme.