La région de Bruxelles‑Capitale a été secouée ce week‑end par une succession d'attaques à l'arme à feu. Après une attaque contre un commissariat d'Anderlecht, un habitant de Saint‑Gilles a été touché à la jambe samedi soir, puis, moins de 24 heures plus tard, un autre tir a atteint une façade résidentielle dans le même secteur.
Trois incidents rapprochés
Selon les éléments communiqués à l'agence Belga et relayés par les autorités communales, les faits se sont déroulés ainsi :
- Dans la nuit du vendredi 21 au samedi 22 août, vers 23 h 40, la façade d'un commissariat de quartier rue Démosthène, à Anderlecht, a été prise pour cible par des individus cagoulés équipés d'une arme automatique. Aucun blessé n'a été signalé.
- Samedi 22 août, vers 21 h 15, un homme a été atteint d'une balle à la jambe en pleine rue à Saint‑Gilles. Les autorités évoquent un possible règlement de comptes lié au trafic de stupéfiants.
- Dimanche 23 août, vers 7 h, un autre coup de feu a été tiré dans le même secteur de Saint‑Gilles : la trajectoire de la balle a fini dans la fenêtre d'un logement, sans blessé supplémentaire.
| Date | Heure | Lieu | Conséquence |
|---|---|---|---|
| 21→22 août | 23 h 40 | Rue Démosthène, Anderlecht | Façade de commissariat mitraillée, aucun blessé |
| 22 août | 21 h 15 | Saint‑Gilles (rue non précisée) | Homme blessé à la jambe par balle |
| 23 août | 7 h | Saint‑Gilles (secteur) | Balle dans une fenêtre, pas de blessé |
Réactions politiques et demandes locales
Le bourgmestre de Saint‑Gilles, Jean Spinette, a confié à Belga que ces événements semblaient en lien avec des « règlements de comptes entre revendeurs de drogue ». Il s'est dit "furieux" face à ces attaques répétées dans son administration et a réclamé des renforts.
« Bruxelles doit être respectée »
Dans la foulée, le ministre fédéral de l'Intérieur, Bernard Quintin, a exprimé son choc et a assuré que les services compétents seraient mobilisés « afin d'identifier rapidement les auteurs » et de les traduire en justice. Il a par ailleurs réaffirmé la détermination du gouvernement à lutter contre la criminalité organisée et le trafic de stupéfiants.
Jean Spinette a explicitement demandé des moyens supplémentaires pour faire face à la situation, évoquant notamment la nécessité d'augmenter les effectifs de la police judiciaire. D'après ses annonces, il réclame 80 policiers supplémentaires pour renforcer les enquêtes et la présence sur le terrain.
Contexte local et inquiétudes des riverains
Ces incidents interviennent dans un contexte déjà tendu pour plusieurs quartiers bruxellois confrontés à des trafics de stupéfiants et à des violences ponctuelles. Les tirs contre un commissariat constituent un passage à une nouvelle échelle d'intimidation, selon certains élus locaux, et renforcent l'inquiétude des habitants qui redoutent une banalisation de ce type d'attaques.
Sur place, les services de police de la zone concernée ont renforcé leurs patrouilles et ouvert des enquêtes distinctes pour chacun des faits. Les investigations viseront notamment l'identification des auteurs du mitraillage d'Anderlecht et les circonstances précises des coups de feu à Saint‑Gilles.
Que peuvent attendre les Bruxellois ?
À court terme, les autorités promettent une intensification des contrôles et une coopération entre les services locaux et fédéraux. Les demandes de moyens humains formulées par les autorités communales devront toutefois être examinées et validées par les instances compétentes avant tout renfort effectif.
En attendant, les habitants du quartier sont invités à la vigilance : signaler tout comportement suspect à la police, éviter la diffusion de rumeurs non vérifiées et respecter les consignes des services de secours et de la zone de police.
La succession de ces attaques interroge quant à la capacité des acteurs publics à prévenir l'escalade et alimente le débat politique sur les outils à mobiliser pour assurer la sécurité dans la capitale.