Le Parlement de la Fédération Wallonie‑Bruxelles a adopté, dans la nuit, le décret‑programme qui instaure plusieurs mesures visant à réduire les dépenses en matière d’enseignement. La décision, prise en majorité contre opposition, a été précédée d’une séance tendue, d’une interruption et d’une mobilisation d’enseignants venus protester devant l’hémicycle.
Des mesures qui touchent enseignants, étudiants et services
Parmi les dispositions validées figurent notamment :
- une augmentation de 10 % de la charge horaire des enseignants du secondaire supérieur, sans compensation salariale ;
- un resserrement du régime de fin de carrière pour les professeurs statutaires ;
- un assouplissement des congés maladie : un régime moins généreux est prévu pour les profs statutaires ;
- la hausse du minerval qui passerait de 835 à 1 194 euros pour 58 % des étudiants dès la rentrée prochaine ;
- une réduction des moyens alloués à la distribution de fournitures scolaires et aux repas gratuits dans les écoles.
Ces mesures ont été dénoncées par les manifestants présents lors de la séance plénière. Beaucoup d’enseignants ont exprimé leur rejet du texte, allant jusqu’à inscrire leur opposition sur des murs du Parlement.
« Le NON des manifestants était pourtant clair et net. »
Une séance plénière houleuse
La plénière s’est déroulée dans un climat électrique. Après des échanges vifs entre majorité et opposition, la séance a été interrompue peu avant 16 h à la demande de l’opposition. Celle‑ci a exigé la démission du président du Parlement, Benoît Dispa, et le retrait pur et simple du projet. Malgré ces demandes, un premier vote a confirmé que la discussion et le vote du décret‑programme auraient bien lieu, aboutissant finalement à l’adoption du texte.
La procédure elle‑même a été contestée : la conférence des présidents avait organisé la plénière sans respecter le délai de 84 heures prévu par le règlement, selon les députés de l’opposition. Ce point procédural a alimenté les invectives et la demande d’annulation de la séance.
Conséquences pour le terrain
Les effets concrets annoncés concernent plusieurs acteurs du monde éducatif. L’augmentation des heures sans compensation salariale risque d’alourdir la charge de travail des enseignants du secondaire supérieur. Le resserrement des fins de carrière et le durcissement des congés maladie pourraient modifier les trajectoires de départ à la retraite et les conditions de gestion des absences dans les écoles.
Côté étudiants, la hausse du minerval — qui passerait de 835 à 1 194 euros pour 58 % d’entre eux — représente une dépense supplémentaire significative dès la rentrée, une mesure qui s’inscrit dans le cadre global des économies recherchées par le gouvernement de la Fédération.
| Mesure | Impact annoncé |
|---|---|
| +10 % charge horaire | Plus d’heures pour les enseignants du secondaire supérieur, sans hausse salariale |
| Resserrement fins de carrière | Conditions de départ à la retraite plus strictes pour les profs statutaires |
| Minerval | Passage de 835 € à 1 194 € pour 58 % des étudiants |
| Rabots sur services | Moins de moyens pour fournitures et repas gratuits |
Les organisations syndicales et les représentants du monde éducatif avaient exprimé de fortes réserves avant le vote. Les manifestations et la vive opposition parlementaire témoignent d’un profond désaccord sur l’ampleur et la nature des économies retenues, ainsi que sur la méthode de vote de la plénière.
La décision prise par le Parlement ouvre une période d’application de ces mesures à suivre de près par les écoles, les enseignants, les étudiants et les familles, qui devront en mesurer les effets concrets à la rentrée.