L’université de Gand (UGent) a annoncé des mesures contraignantes à l’encontre du chercheur Nathan Cofnas, récemment suspendu, tandis que la ministre flamande de l’Enseignement a réaffirmé vendredi le principe de la liberté académique, qu’elle qualifie de « sacrée ». Le dossier, sensible, oppose la préservation du débat scientifique aux procédures disciplinaires engagées par l’institution.
Sanctions et limitations décidées par l’UGent
Nathan Cofnas, ancien chercheur à Cambridge et arrivé en Flandre pour un poste lié à des thématiques précises, était déjà soumis à une suspension préventive depuis le 20 août. L’université a précisé qu’il n’est plus autorisé à donner cours, que ses activités de recherche au sein de l’UGent doivent être limitées strictement aux thèmes pour lesquels il a été recruté et qu’il devra exercer en télétravail pendant trois mois.
L’UGent a expliqué que ces mesures répondent à une possible infraction déontologique, et non à une remise en cause de la liberté académique elle‑même. L’université a ouvert une procédure disciplinaire pour examiner les faits qui lui sont reprochés.
La ministre défend la liberté académique mais respecte la procédure
Interpellée sur ce dossier, la ministre flamande de l’Enseignement a tenu un discours nuancé. Elle a d’abord insisté sur la valeur fondamentale de la liberté de recherche et d’expression dans le monde universitaire, tout en rappelant qu’un dossier individuel relève du ressort de l’institution concernée et de ses mécanismes disciplinaires.
« Pour moi, la liberté académique est primordiale. Elle est sacrée au sein d'une université, et les opinions doivent pouvoir se confronter, même s'il s'agit peut‑être d'idées étranges. »
La ministre a également souligné qu’il ne lui appartenait pas de se prononcer sur le fond d’affaires individuelles et qu’elle avait « pleine confiance » dans la commission disciplinaire indépendante chargée d’examiner la situation.
Un dossier aux ramifications internationales
Outre les débats internes à l’UGent, l’affaire a suscité des échos hors de Belgique. Selon les informations disponibles, l’affaire a attiré l’attention de l’ambassadeur des États‑Unis, Bill White, qui a reçu Nathan Cofnas, manifestant ainsi une inquiétude diplomatique et scientifique. Les tensions traduisent la sensibilité des questions portant sur la liberté académique, la conduite scientifique et l’éthique dans les universités.
- Suspension préventive en vigueur depuis le 20 août.
- Interdiction d’enseigner décidée par l’université.
- Activités de recherche restreintes aux thématiques pour lesquelles il a été engagé.
- Télétravail imposé pour une durée de trois mois.
Contexte et enjeux pour l’enseignement supérieur
Cette affaire met en lumière la délicate conciliation entre l’autonomie universitaire, la liberté académique et l’obligation de garantir des normes déontologiques et éthiques. Pour les autorités politiques, comme pour les établissements, la question consiste à préserver un espace de débat ouvert sans pour autant négliger les procédures destinées à sanctionner des manquements éventuels.
La posture de la ministre — qui affirme la centralité de la liberté académique tout en s’effaçant devant la compétence disciplinaire de l’université — illustre la prudence des responsables politiques face à des dossiers qui touchent au fonctionnement interne des universités et à des droits fondamentaux. Les décisions de l’UGent seront désormais scrutées, tant par la communauté académique que par des acteurs étrangers, pour leur conformité aux règles internes et au droit.
La suite du dossier dépendra de l’enquête disciplinaire et des conclusions de la commission indépendante. En attendant, la situation de Nathan Cofnas reste encadrée par les mesures annoncées par l’institution.