Un programme initié en 2023 a permis de redonner vocation agricole à des parcelles abandonnées dans la MRC de La Matapédia. Depuis son lancement, 18 producteurs ont bénéficié du dispositif et 127,6 hectares ont été remis en culture.
Un soutien financier ciblé pour des terres laissées en friche
Le dispositif s’adresse aux exploitants agricoles enregistrés souhaitant réhabiliter une terre privée ou louée qui n’a pas été cultivée depuis au moins cinq ans. L’aide financière prise en charge par l’entente conclue avec le gouvernement du Québec couvre jusqu’à 2 500 $ par hectare, dans la limite de 20 000 $ par producteur.
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Hectares remis en culture | 127,6 ha |
| Producteurs soutenus | 18 |
| Aide par hectare | 2 500 $/ha (maximum) |
| Plafond par producteur | 20 000 $ |
Des parcelles aux profils variés et des coûts de remise importants
Le statut des parcelles varie : certaines ont entamé un reboisement naturel, d’autres exigent des travaux lourds de drainage, de défrichage ou de préparation du sol. Selon la MRC, la facture de remise en état peut osciller entre 4 500 $ et 7 000 $ par hectare, en fonction de la nature des interventions nécessaires.
- Parcelles en reboisement naturel : besoin limité d’intervention immédiate.
- Parcelles nécessitant drainage ou défrichage : coûts élevés, parfois supérieurs à l’aide maximale.
- Parcelles demandant préparation du sol : travail mécanique et amendements possibles.
Conséquences économiques et enjeux de relève
La MRC de La Matapédia considère l’agriculture comme un pilier de son économie, juste derrière la foresterie. Le territoire compte près de 200 entreprises agricoles réparties sur les différentes municipalités, des exploitations qui consomment localement et réinvestissent dans leur milieu, rappelle Stéphane Pineault, directeur du développement de la MRC.
Pour certains producteurs, l’accès aux terres reste toutefois un frein majeur au renouvellement des générations. Après 44 ans en production bovine à Saint‑Tharcisius, Germain Michaud se projette vers la relève : il a investi 600 000 $ dans une nouvelle étable, pensant à son fils qui reprendra un jour l’exploitation. Malgré cet engagement, le manque de terres disponibles demeure un obstacle pour installer de jeunes agriculteurs.
« Avec cette aide financière, ça vaut la peine de remettre une terre en culture. Ça peut aussi aider le chiffre d’affaires du producteur. »
Cette observation illustre la logique du programme : compenser, au moins partiellement, des coûts parfois supérieurs à l’aide octroyée afin de favoriser le retour à la culture et soutenir la viabilité économique des exploitations.
Perspectives et limites
Si l’initiative a permis des résultats concrets — plus de cent vingt hectares rendus à l’agriculture en moins de trois ans —, les chiffres mettent en lumière des limites structurelles. Le montant maximal d’aide peut ne pas couvrir l’ensemble des travaux nécessaires pour certaines parcelles coûteuses. Par ailleurs, la disponibilité foncière reste un verrou pour l’installation de la relève, même lorsque des investissements importants sont réalisés par les exploitants en place.
À l’échelle locale, l’épisode est cependant perçu comme un signal positif : il incite à valoriser des terres délaissées et à soutenir des exploitants engagés dans la transmission. Reste à suivre l’évolution des installations de nouveaux producteurs et l’impact durable de ces remises en culture sur l’économie agricole de la MRC.