Alors que la nouvelle année académique se profile, le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a intensifié ses contrôles après la découverte d'un établissement non autorisé et la multiplication de publicités mensongères pour des formations universitaires. Les révélations interviennent dans le cadre des préparatifs de la Commission nationale d'habilitation (CNH).
Une structure clandestine identifiée à Tanjombato
Lors d'une inspection menée dans la commune de Tanjombato, les agents ministériels ont mis au jour une université dite « clandestine » qui, selon le communiqué officiel, ne disposait pas des autorisations d'ouverture requises et n'avait « ni bureau ni locaux conformes ». Malgré ces manquements, l'établissement menait des campagnes d'information et procédait déjà à des inscriptions d'étudiants, affirme le ministère.
Le même établissement exploiterait des antennes à Toamasina et Ankorondrano, et proposait notamment la délivrance d'un diplôme de master, sans l'habilitation nécessaire.
Des pratiques commerciales dénoncées
Les inspections s'inscrivent dans un mouvement plus large de surveillance lancé par le ministère, qui a reçu via sa plateforme dédiée plus de 200 signalements au sujet d'universités en situation irrégulière. Les contrôles administratifs et académiques ont confirmé la réalité de nombreux griefs, selon le ministère.
Le Dr Bearisoa Rakotoniaina, directeur de l'Accréditation et de l'assurance qualité au ministère, tire la sonnette d'alarme sur des dérives constatées : des établissements faisant la promotion de formations sans disposer d'enseignants qualifiés ni des habilitations requises, ou promettant des diplômes obtenus en des délais impossibles sur le plan universitaire.
« Plusieurs universités font des publicités mensongères », affirme le Dr Bearisoa Rakotoniaina.
Le responsable évoque une marchandisation de la formation, où certains acteurs « transforment le parcours éducatif en un business lucratif ». Face à ces pratiques, le ministère a déjà prononcé la fermeture de deux universités privées qui n'ont pas répondu aux mises en conformité.
Mesures et conséquences
Les autorités ont prévenu qu'elles poursuivraient les vérifications dans les semaines à venir, en particulier dans le cadre de la Commission nationale d'habilitation, chargée de statuer sur la conformité des établissements et l'aptitude à délivrer des diplômes. Les sanctions vont de l'injonction à se mettre en règle à la fermeture définitive lorsque les irrégularités persistent.
- Signalements reçus : plus de 200 via la plateforme ministérielle.
- Sanctions déjà appliquées : fermeture définitive de deux universités privées après non-conformité persistante.
- Constats : campagnes d'inscription sans autorisation, manque d'enseignants qualifiés, promesses de diplômes en délais anormalement courts.
Ces développements soulèvent des questions cruciales pour les futurs étudiants et leurs familles : comment distinguer un établissement crédible d'une structure non conforme ? Le ministère tente d'y répondre par une communication renforcée et la mise à disposition d'une plateforme de signalement, mais la vigilance reste de mise.
| Élément | Chiffre / constat |
|---|---|
| Signalements reçus | Plus de 200 |
| Universités fermées | 2 |
| Localisation d'une université non conforme | Tanjombato (avec antennes à Toamasina et Ankorondrano) |
Pour les autorités, la lutte contre ces pratiques est une priorité pour préserver la qualité et la crédibilité des diplômes. Le renforcement des contrôles administratifs et académiques vise aussi à protéger les étudiants, souvent les premières victimes de ces institutions : risques de perdre du temps et de l'argent, diplômes non reconnus, parcours compromis.
À court terme, le ministère recommande aux candidats et à leurs familles de vérifier l'habilitation des établissements auprès des services compétents avant toute inscription et de signaler toute démarche suspecte via la plateforme officielle mise en place.