Benoit Charette, figure bien connue de la scène politique québécoise, a indiqué mercredi en fin de journée sur le réseau social X qu’il ne briguerait pas un nouveau mandat lors des élections prévues en octobre. Le ministre invoque des motifs familiaux pour expliquer cette décision qu’il dit « pleinement assumée, bien que déchirante ». Il ajoute avoir retardé l’annonce pour « limiter l’impact » sur ses proches et se montre conscient du risque d’instrumentalisation en pleine campagne.
Un geste motivé par la vie familiale, selon le protagoniste
Dans son message, le député a clairement posé le choix personnel au‑dessus de la logique électorale: il ne veut pas « avoir [sa] face sur le poteau », formule consacrée qu’il reprend pour illustrer la décision de ne pas se présenter. Le ton est à la fois résolu et mesuré; Benoit Charette précise vouloir ménager sa famille et éviter que sa présence sur la liste devienne un facteur de perturbation durant la période électorale.
« Je n’aurai pas ma “face sur le poteau”. Pour des raisons familiales, je ne serai pas candidat à ma réélection. C’est une décision pleinement assumée, bien que déchirante. »
Malgré son retrait comme candidat, il affirme son intention de continuer à soutenir la première ministre Christine Fréchette après le scrutin d’octobre, estimant que la province fera face à des « années de mer trouble et incertaine » et que Mme Fréchette est « la personne toute désignée pour nous servir de capitaine ». Il a aussi tenu à remercier l’ex‑premier ministre François Legault pour la confiance qui lui a été accordée au cours de sa carrière.
Une trajectoire politique marquée par plusieurs revirements
Le parcours de Benoit Charette illustre les allers‑retours d’un élu qui a su s’adapter aux soubresauts de la vie politique québécoise. Il a été élu pour la première fois en 2008 comme député de Deux‑Montagnes sous la bannière du Parti québécois (PQ). Au cours de son mandat, il a quitté le PQ pour siéger comme député indépendant avant d’adhérer ensuite à la Coalition Avenir Québec (CAQ).
Après une défaite en 2012 — où il se présente déjà sous l’étiquette caquiste — il retrouve son siège en 2014 et est par la suite réélu en 2018 puis en 2022. Son itinéraire lui a permis d’accéder à plusieurs responsabilités ministérielles au sein du gouvernement de la CAQ.
| Année | Événement |
|---|---|
| 2008 | Élu député (Parti québécois) |
| 2012 | Défait comme candidat caquiste |
| 2014 | Récupère son siège (CAQ) |
| 2018 | Réélu |
| 2022 | Réélu |
Des portefeuilles variés
Durant son parcours ministériel, Benoit Charette a occupé plusieurs postes au gouvernement. On lui a notamment confié des responsabilités dans les domaines suivants :
- Environnement
- Lutte contre le racisme
- Infrastructures
- Transport
Ces attributions témoignent d’une carrière marquée par la polyvalence et par des dossiers souvent sensibles politiquement. Son retrait du jeu électoral change la donne pour la CAQ dans la circonscription de Deux‑Montagnes et oblige le parti à désigner un nouveau candidat capable de reprendre le flambeau.
À quelques semaines du scrutin d’octobre, l’annonce s’inscrit dans un calendrier politique déjà tendu. Si Benoit Charette assure qu’il restera engagé auprès de la cheffe Christine Fréchette, son absence sur la liste pourrait peser électoralement, en particulier dans une circonscription où il disposait d’une visibilité construite sur plus d’une décennie.
La suite des événements dépendra désormais des décisions internes à la CAQ quant à la désignation d’un successeur et de la manière dont l’opposition exploitera ce retrait dans la campagne à venir.