Un commerçant élu sonne l'alarme
À Arlon, la question de l'ordre public en centre-ville revient au premier plan après un message publié sur Facebook par Raphaël Filipucci, conseiller communal et commerçant local. Dans ce post, relayé par d'autres acteurs du commerce arlonais, M. Filipucci affirme que la profession et les élus sont conscients d'une montée des incivilités — parfois répétitives, parfois violentes — qui affecte la fréquentation et le bien-être des clients et des commerces.
Son intervention ne vise pas à dramatiser la situation : «
Et cela pose un problème vis-à-vis de la clientèle, des commerçants. Ce n'est pas un problème simple, c'est beaucoup plus compliqué que de gérer des individus. C'est un problème qui prend du temps.» Ces propos invitent à dépasser la réaction ponctuelle pour envisager une réponse collective.
Quelles nuisances sont évoquées ?
Le conseiller communal décrit des faits concrets, qui nuisent à l'image du centre-ville et au commerce local :
- Injures adressées aux commerçants ou aux clients ;
- Bagarres impliquant des personnes en état d'ébriété ;
- Interpellations de la clientèle, créant un climat d'insécurité ressentie.
| Type d'incivilité | Exemples cités |
|---|---|
| Verbal | Injures dirigées contre clients ou commerçants |
| Physique | Bagarres, parfois liées à l'ivresse |
| Atteinte à la clientèle | Interpellations et comportements importuns |
Appel à la concertation plutôt qu'à la stigmatisation
M. Filipucci insiste : il ne s'agit pas de faire de la question un enjeu partisan. Son post a été repris notamment par Benjamin Sigard, élu du groupe Arlon 2030, signe que la préoccupation traverse les sensibilités politiques. Le conseiller rappelle que la majorité communale — composée notamment du MR, de la liste écolo et du PS — et les autres forces locales doivent pouvoir proposer des solutions partagées et efficaces.
Interrogé sur la mesure d'exclusion prise par le bourgmestre, le MR Philippe Landrain, à l'encontre d'une personne, M. Filipucci indique que son objectif était surtout de montrer qu'il existe une vigilance partagée et que tous veulent « voir prospérer Arlon ». Il reconnaît aussi la nécessité d'écouter les propositions de la majorité communale et d'éviter la simplification politique d'un phénomène qui, selon lui, nécessite du temps et des réponses coordonnées.
Vers quelles réponses ?
Sans détailler de plan concret, le message appelle à :
- une meilleure coordination entre commerçants, élus et la zone de police ;
- des mesures préventives pour protéger la clientèle et le commerce de centre-ville ;
- une réflexion collective pour éviter que la situation ne dégénère.
Dans un contexte communal, la question de l'ordre public renvoie aussi aux compétences et moyens de la police locale et aux suites judiciaires éventuelles sous la responsabilité du parquet. Les commerçants et certains élus demandent prioritairement davantage de présence, de réactivité et de réponses ciblées face aux comportements insidieux qui s'installent.
À Arlon, ville commerçante et touristique à l'échelle régionale, la perception d'un lieu sûr est un élément clé de l'attractivité. Les appels au dialogue et à la coopération lancés par Raphaël Filipucci illustrent la volonté locale de traiter le problème sans spectacle médiatique : la priorité, disent-ils, est de préserver la tranquillité et la vitalité du centre-ville.