Apple a dévoilé sa nouvelle montre connectée, l’Apple Watch Series 12, qui met l’accent sur un suivi de la santé plus poussé grâce à une nouvelle puce, le capteur optique amélioré et des fonctions logicielles inédites. Parmi celles‑ci, la plus discutée est la fonction baptisée Audio Intelligence, qui, selon Apple, permet de reconnaître des sons d’environnement et, dans certains pays, de traiter des extraits de conversation pour en fournir une transcription et un résumé.
Nouveaux capteurs et score de préparation
La Series 12 est animée par la puce S11 et s’appuie sur un capteur optique renouvelé qui promet une mesure plus précise de la fréquence cardiaque ainsi qu’une collecte plus fréquente de la variabilité de la fréquence cardiaque (VFC). Apple introduit également un score de préparation évalué sur dix points : il combine l’activité récente, le sommeil et des signes vitaux pour indiquer si l’utilisateur doit ralentir, se reposer ou s’entraîner.
| Caractéristique | Apport annoncé |
|---|---|
| Puce S11 | Performance et traitement embarqué |
| Nouveau capteur optique | Meilleure précision fréquence cardiaque, VFC |
| Score de préparation | Indicateur global sur 10 intégrant activité et sommeil |
| Audio Intelligence | Reconnaissance de sons et, aux États‑Unis, transcription/résumé de 15 s |
Audio Intelligence : reconnaissance de sons et transcription limitée
La fonction Audio Intelligence se décline différemment selon les marchés. Pour la France, Apple la présente sous la forme d’un enrichissement de Shazam et d’une capacité à détecter des sons d’alerte — sirènes, alarmes, pleurs de nourrisson — et, le cas échéant, à avertir l’utilisateur malentendant. Aux États‑Unis, la fonction est plus étendue : elle peut remonter les 15 dernières secondes d’une conversation, en produire une transcription et en générer un résumé.
« ne crée ni ne stocke d'enregistrements audio, et que le flux audio brut n'est pas accessible par le système d'exploitation ou les applications. »
Apple affirme que ces traitements ne créent ni ne conservent d’enregistrements audio et que les flux sont traités dans le Secure Enclave, un co‑processeur matériel isolé de la puce S11. Cette architecture, selon la firme, empêche l’accès au flux audio brut par le système d’exploitation ou des applications tierces.
Fiabilité des mesures : des mises en garde scientifiques
Parallèlement, des voix scientifiques continuent de rappeler les limites des capteurs portés au poignet. Hunter Bennett, maître de conférences en sciences de l’exercice et du sport, alerte sur la fiabilité de plusieurs mesures communément affichées par ces appareils. Selon lui, des paramètres comme le nombre de calories brûlées, le comptage des pas, la fréquence cardiaque, les scores de forme physique ou la qualité du sommeil sont souvent moins précis qu’on ne l’imagine.
- Les mesures optiques de fréquence cardiaque peuvent être influencées par le positionnement, le type de peau ou le mouvement.
- Les estimations de dépense calorique reposent sur des modèles variables entre fabricants.
- Les scores composites (préparation, forme) synthétisent des données mais ne remplacent pas un avis médical.
Conséquences et questions ouvertes pour la Belgique
En Belgique, comme ailleurs en Europe, ces nouveautés posent plusieurs questions pratiques et réglementaires. D’abord, la valeur médicale des indications fournies par la montre : hormis les dispositifs médicalement validés, les lectures restent des aides au suivi et non des diagnostics. Ensuite, la protection des données et la vie privée : même si Apple assure un traitement local et chiffré, la capacité à transcrire et résumer des conversations suscite des interrogations éthiques et juridiques, notamment sur le consentement des personnes entendues et la conservation éventuelle des extraits textuels.
Enfin, l’équilibre entre utilité et nuisance potentielle mérite d’être évalué : détection d’alarmes et d’appels à l’aide peuvent améliorer la sécurité, tandis que l’écoute active de l’environnement — même limitée — peut créer des risques d’intrusion dans l’intimité.
Les autorités de protection des données et les acteurs de santé auront intérêt à suivre ces développements. Pour l’heure, Apple insiste sur la protection technique des flux audio et sur l’amélioration des capteurs pour un suivi de la santé plus fin. Reste à vérifier, sur le terrain et par des évaluations indépendantes, la portée réelle de ces promesses.