Appel à agir sur le port d'Anvers
Le débat sur l'arrivée de stupéfiants en Belgique se recentre cette semaine sur Anvers après les déclarations du bourgmestre de la Ville de Bruxelles, Philippe Close. Interrogé vendredi soir sur BX1, il a estimé qu'une part importante de la réponse devait être cherchée « bien avant » que la drogue n'atteigne Bruxelles et a demandé au niveau fédéral d'intensifier les contrôles au port d'Anvers.
Pour Philippe Close, renforcer les moyens policiers à Bruxelles ne suffira pas si les quantités de drogue qui entrent sur le territoire national ne diminuent pas. Il a résumé son propos par une formule directe :
« Si on n’empêche pas la cocaïne de rentrer sur notre territoire, qu’est-ce que vous voulez qu’on fasse ? Comment est-ce qu’elle arrive la cocaïne ? Elle n’arrive pas par parachute. Contrôlons ce port d’Anvers, enfin ! »
Des chiffres en forte variation
Le point chiffré qui alimente la controverse provient des statistiques de saisies publiées par le SPF Finances. Dans les six premiers mois de 2026, les douanes ont saisi 5,4 tonnes de cocaïne au port d'Anvers-Bruges, contre 16,7 tonnes sur la même période un an auparavant. Cette diminution nette des interceptions soulève des questions sur l'évolution des circuits d'acheminement et l'efficacité des contrôles.
| Période | Quantité saisie (tonnes) |
|---|---|
| Premier semestre 2025 | 16,7 |
| Premier semestre 2026 | 5,4 |
Réactions locales et demandes de renfort
La demande d'intervention n'émane pas seulement de la capitale. Les bourgmestres composant la zone de police Midi se sont également fait l'écho d'un besoin d'action fédérale accru : ils ont réclamé un plan d'action contre le narcotrafic et un renforcement des moyens de la police douanière.
Par ailleurs, les autorités signalent une redistribution géographique des saisies : alors que celles détectées au port d'Anvers-Bruges ont diminué, elles ont connu une hausse en France et aux Pays-Bas. Ce constat alimente l'inquiétude sur un possible déplacement des flux plutôt que sur une réelle diminution de l'offre.
Conséquences et enjeux pour Anvers
Pour la ville et le port d'Anvers, épicentre historique des échanges maritimes en Belgique, l'enjeu est double. Il s'agit à la fois de préserver la fluidité des activités portuaires et d'assurer la sécurité publique en luttant contre les circuits de narcotrafic. Les appels à une intervention fédérale visent notamment à obtenir :
- un renforcement des moyens de la police douanière et des capacités d'inspection dans les terminaux ;
- une coordination accrue entre autorités fédérales, coordonnées portuaires et zones de police locales ;
- une stratégie internationale pour éviter le déplacement des flux vers les pays voisins.
Un débat politique et opérationnel
Dans son intervention, Philippe Close a aussi pointé une perception politique : selon lui, il existe actuellement « du côté du Premier ministre et peut‑être des gens qui l'entourent [...] qu'on veut protéger le port d'Anvers ». Cette affirmation souligne la tension entre considérations économiques — le maintien d'un port performant — et impératifs de sécurité publique.
Pour les riverains et les autorités locales d'Anvers, la question reste concrète : comment concilier activité portuaire et contrôles renforcés sans entraver le commerce ? Les annonces et réponses du gouvernement fédéral dans les semaines à venir seront scrutées, tant par les élus locaux que par les services de sécurité et les opérateurs portuaires.
La discussion engagée montre que la lutte contre le trafic de cocaïne en Belgique ne se limite pas aux opérations policières urbaines : elle renvoie à des choix stratégiques de contrôle aux frontières maritimes et à la coopération internationale.